Succès Masra est un économiste et homme politique tchadien, né le 30 août 1983 à Béboni, dans la province du Logone-Oriental. Fondateur du parti Les Transformateurs en 2018, il a été Premier ministre du Tchad du 1er janvier au 22 mai 2024, puis condamné à vingt ans de prison en août 2025 avant d’être gracié le 13 août 2026.

Qui est Succès Masra ?
Succès Masra est le fondateur et président du parti Les Transformateurs. Issu d’une famille du sud du Tchad, il a mené une carrière d’économiste dans les institutions internationales avant de démissionner de la Banque africaine de développement en 2018 pour se consacrer à la politique. Il a été l’une des principales voix de l’opposition aux gouvernements d’Idriss Déby puis de Mahamat Idriss Déby, avant de signer un accord de réconciliation et d’accepter le poste de Premier ministre en janvier 2024.
Quel est l’âge de Succès Masra et d’où vient-il ?
Né le 30 août 1983, Succès Masra a 43 ans en 2026. Il a grandi à Béboni, un village du département de la Nya, dans la province du Logone-Oriental, au sud du Tchad. Sa scolarité primaire le conduit successivement à l’école officielle de Béboni, à l’école d’application de Dombao à Moundou, puis à l’école d’application de Sarh. Il obtient son baccalauréat série C au collège Saint-Charles Lwanga.
Quelle est la formation de Succès Masra ?
Succès Masra est titulaire de plusieurs masters obtenus successivement dans différentes institutions :
- Université catholique d’Afrique centrale (UCAC) — master Comptabilité, gestion et finance
- Université catholique de Lille — master Finance d’entreprise et de marchés
- Université de Lille — master 2 Capital Markets & Business Administration
- Sciences Po Paris — master Stratégie et finance
Il détient également un doctorat en économie de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Sa biographie officielle mentionne par ailleurs un programme de gouvernance et leadership délivré conjointement par l’université d’Oxford et l’African Leadership Institute, ainsi qu’un programme de leadership de la Kennedy School of Government de Harvard.
Quel est son parcours avant la politique ?
Avant de se lancer en politique, Succès Masra travaille comme économiste à la Banque africaine de développement (BAD). Il quitte ce poste en 2018 pour se consacrer à l’action politique.
Dès 2013, il cofonde Generation ABCD (AnyBodyCanDream), le 5 décembre — jour de la mort de Nelson Mandela —, une organisation dédiée à la promotion de la culture de l’excellence auprès de la jeunesse tchadienne et africaine. Il occupe également un rôle de conseiller au Centre des ressources pour jeunes aveugles du Tchad.
Le 29 avril 2018, il fonde le parti Les Transformateurs, avec pour objectif déclaré de rassembler les Tchadiens autour d’un projet de social-démocratie.
Comment s’est construite son opposition au régime Déby ?
Lors de l’élection présidentielle d’avril 2021, Succès Masra s’oppose publiquement à la candidature d’Idriss Déby pour un sixième mandat, estimant qu’elle contredit la Constitution de 2018, qui limite le nombre de mandats. La Commission électorale nationale indépendante rejette sa propre candidature, au motif que Les Transformateurs ne sont pas enregistrés officiellement. Durant cette période de tensions, il se réfugie six jours à l’ambassade des États-Unis à N’Djamena. Le 16 mars 2021, il rencontre Idriss Déby pour demander le report du scrutin, sans l’obtenir. Idriss Déby est réélu avec 79,32 % des voix.
La mort d’Idriss Déby, annoncée le 20 avril 2021, ouvre une nouvelle période : le Conseil militaire de transition est instauré sous la direction de Mahamat Idriss Déby, fils du président défunt. Succès Masra continue de s’y opposer et participe aux mobilisations contre le Conseil. Son parti rejoint la coalition Wakit Tamma, qui boycotte le dialogue de réconciliation nationale.
La répression du 20 octobre 2022 et l’exil
Le 20 octobre 2022, une manifestation est organisée contre la décision du Conseil militaire de transition de prolonger de deux ans une transition déjà prévue pour dix-huit mois. Les forces de sécurité dispersent le rassemblement par la force. Le bilan officiel fait état d’une cinquantaine de morts ; l’opposition et plusieurs organisations non gouvernementales avancent un nombre de victimes compris entre 100 et 300, presque exclusivement des manifestants tués par balles à N’Djamena.
Succès Masra est identifié comme le principal organisateur de la manifestation. Dans les jours qui suivent, il part en exil aux États-Unis, où il demeure jusqu’en 2023.
L’accord de Kinshasa et le passage à la primature (2023-2024)
Le 31 octobre 2023, un accord est signé à Kinshasa, sous la médiation de la République démocratique du Congo, entre Succès Masra et le gouvernement tchadien. Il rentre à N’Djamena le 3 novembre 2023, avec des garanties de sécurité juridique et physique et le libre exercice de ses activités politiques. À son retour, il déclare : « Notre frère Mahamat Déby peut compter sur nous comme un allié du peuple. »
Le 1er janvier 2024, il est nommé Premier ministre par le président de transition Mahamat Idriss Déby, succédant à Saleh Kebzabo. Il annonce peu après sa candidature à l’élection présidentielle du 6 mai 2024, validée par le Conseil constitutionnel — pour la première fois dans l’histoire politique tchadienne, un chef d’État et son Premier ministre se présentent simultanément à une présidentielle. Il quitte la primature le 22 mai 2024, remplacé par Allamaye Halina.
La condamnation de 2025 et la grâce de 2026
Succès Masra est arrêté le 16 mai 2025 à N’Djamena. Les poursuites le visant sont liées à des violences intercommunautaires survenues à Mandakao, dans le sud-ouest du pays, qui ont fait plus de quarante morts.
Son procès s’ouvre le 6 août 2025 devant le tribunal de grande instance de N’Djamena. Le 9 août 2025, il est déclaré coupable de complicité de meurtre et de diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe, et condamné à vingt ans de réclusion criminelle assortis d’une amende d’un milliard de francs CFA. Human Rights Watch a contesté publiquement cette condamnation, et l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture a qualifié la procédure d’expéditive.
Le 21 mai 2026, la chambre judiciaire de la Cour suprême du Tchad rejette son pourvoi en cassation : la condamnation devient définitive.
Le 13 août 2026, le président Mahamat Idriss Déby accorde une grâce présidentielle à Succès Masra et à huit autres responsables de l’opposition. Il est libéré. Une grâce éteint la peine mais ne fait pas disparaître la condamnation : ses avocats réclament une loi d’amnistie, qui seule effacerait les conséquences juridiques du jugement. À sa libération, Succès Masra a appelé à la réconciliation.
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Questions fréquentes
Quel est l’âge de Succès Masra ? Né le 30 août 1983 à Béboni, au Tchad, Succès Masra a 43 ans en 2026.
Quand Succès Masra a-t-il été Premier ministre ? Du 1er janvier au 22 mai 2024, nommé par le président de transition Mahamat Idriss Déby.
Quel est le parti politique de Succès Masra ? Il est fondateur et président des Transformateurs, parti créé le 29 avril 2018, qui se réclame de la social-démocratie.
Succès Masra a-t-il fait Sciences Po et la Sorbonne ? Oui. Il est titulaire d’un master Stratégie et finance de Sciences Po Paris et d’un doctorat en économie de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Pourquoi Succès Masra a-t-il été condamné ? Le tribunal de grande instance de N’Djamena l’a condamné le 9 août 2025 à vingt ans de réclusion pour complicité de meurtre et diffusion de messages haineux et xénophobes, dans le cadre de violences intercommunautaires survenues à Mandakao. La Cour suprême a rejeté son pourvoi le 21 mai 2026.
Succès Masra est-il en prison ? Non. Il a été gracié le 13 août 2026 par le président Mahamat Idriss Déby, avec huit autres responsables de l’opposition, et libéré. La grâce éteint la peine sans annuler la condamnation ; ses avocats demandent une loi d’amnistie.




