Joseph Kabila Kabange, né le 4 juin 1971 à Hewa Bora II, dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu), est un militaire et homme d’État congolais qui a dirigé la République démocratique du Congo de janvier 2001 à janvier 2019. Fils de Laurent-Désiré Kabila, il accède à la présidence à 29 ans après l’assassinat de son père. Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire l’a condamné à mort par contumace.

Qui est Joseph Kabila ?
Joseph Kabila Kabange est le fils de Laurent-Désiré Kabila, qui renverse Mobutu Sese Seko en 1997 et prend la tête du Congo-Zaïre, rebaptisé République démocratique du Congo. Après l’assassinat de son père le 16 janvier 2001, Joseph Kabila est désigné pour lui succéder par l’entourage présidentiel. Il gouverne le pays pendant près de dix-huit ans, ce qui en fait le deuxième président le plus longtemps en poste de l’histoire congolaise.
Il quitte le pouvoir en janvier 2019 et devient sénateur à vie le 15 mars 2019. Le Sénat a levé ses immunités d’ancien chef de l’État et de sénateur à vie en mai 2025.
Quel est son âge et d’où vient-il ?
Né le 4 juin 1971 dans le territoire de Fizi, au bord du lac Tanganyika, Joseph Kabila a 55 ans en 2026. Il passe la majeure partie de son enfance et de sa scolarité en Tanzanie, à l’école française de Dar es Salaam, où sa famille vit en exil. Pour des raisons de sécurité liées à cet exil, il utilise alors l’alias Hippolyte Kabange Mtwale. Sa sœur jumelle Jaynet Kabila l’accompagne en Tanzanie.
En 2006, il épouse Olive Lembe di Sita. Le couple a deux enfants.
Quelle est sa formation ?
Le parcours académique de Joseph Kabila est fragmenté par les événements politiques. Il entame des études de droit à l’université Makerere, en Ouganda, qu’il abandonne en octobre 1996 pour rejoindre son père lors de la première guerre du Congo. Il obtient par la suite un diplôme en relations internationales à la Washington International University. Sa formation militaire est assurée à la PLA National Defence University, l’académie de défense de l’Armée populaire de libération, en Chine.
Quel est son parcours militaire et politique ?
1996-2001 : de la rébellion aux forces armées. En octobre 1996, Joseph Kabila quitte ses études pour rejoindre l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) de son père. Il participe à la première guerre du Congo, qui aboutit à la chute de Mobutu en 1997. Il sert ensuite dans les forces armées de la RDC, où il est nommé chef d’état-major des forces terrestres puis des forces armées, avec le grade de major-général. En novembre 2000, il prend part à la bataille de Pweto.
2001 : une accession au pouvoir dans l’urgence. Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila est assassiné. Dès le lendemain, Joseph Kabila prend le pouvoir. En moins d’une semaine, il effectue une tournée diplomatique en France, en Belgique puis aux États-Unis, où il rencontre le secrétaire d’État Colin Powell, des représentants de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et des Nations unies, ainsi que le président rwandais Paul Kagame. En février 2001, il accepte de faire appliquer l’accord de cessez-le-feu signé à Lusaka en juillet 1999. Fin mars 2001, des Casques bleus arrivent pour superviser la trêve. En avril 2001, il congédie le gouvernement de son père et en nomme un nouveau.
2002-2006 : la transition. En 2002, il fonde le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). En décembre 2002, il signe un accord avec les groupes rebelles pour mettre fin à la guerre et constituer un gouvernement d’union nationale, ratifié en avril 2003. Ce gouvernement de transition compte quatre vice-présidents issus des différentes factions : Azarias Ruberwa, Arthur Z’ahidi Ngoma, Abdoulaye Yerodia Ndombasi et Jean-Pierre Bemba. En mars 2004, une tentative de coup d’État est déjouée.
2006-2011 : la première élection multipartite depuis quarante ans. La nouvelle Constitution est promulguée en 2006. Au premier tour de la présidentielle, Joseph Kabila obtient 44,8 % des voix, devant Jean-Pierre Bemba (20 %). Il est déclaré vainqueur du second tour le 27 novembre 2006 par la Cour suprême de justice. Entre septembre 2009 et août 2010, il préside la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
2011-2016 : un second mandat contesté. Le 28 novembre 2011, il est réélu face à dix adversaires, dont Étienne Tshisekedi, qui conteste les résultats et se proclame président. L’investiture officielle a lieu le 20 décembre 2011.
Comment s’est déroulé le passage de pouvoir de 2016 à 2019 ?
En 2016, le mandat constitutionnel de Joseph Kabila expire. La Constitution lui interdit d’en briguer un troisième. L’élection présidentielle est néanmoins ajournée sans nouvelle date, ce qui ouvre une crise politique de deux ans. Le scrutin n’a lieu qu’en décembre 2018.
Félix Tshisekedi est déclaré vainqueur par la Commission électorale nationale indépendante. La Conférence épiscopale nationale du Congo, qui avait déployé ses propres observateurs, a annoncé un résultat différent de celui de la commission. Joseph Kabila quitte la présidence entre le 24 et le 25 janvier 2019 : c’est la première alternance pacifique de l’histoire du pays.
La condamnation à mort prononcée en 2025
En mai 2025, le Sénat congolais lève les immunités dont Joseph Kabila bénéficiait comme ancien chef de l’État et comme sénateur à vie. Il a publiquement contesté cette décision, qu’il estime contraire à la Constitution.
Le procès s’ouvre à Kinshasa devant la Haute Cour militaire, à l’initiative de l’auditeur général des Forces armées de la RDC, aux côtés de parties civiles. Joseph Kabila ne s’est pas présenté devant la Haute Cour militaire, qui l’a donc jugé par contumace. Les chefs retenus par l’accusation portent sur la participation à un mouvement insurrectionnel, les crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, l’homicide intentionnel, la trahison, l’apologie de crimes, le viol, la torture, la déportation et l’occupation de la ville de Goma.
Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire le condamne à la peine de mort pour l’ensemble de ces chefs, à l’exception du complot, sanctionné de quinze ans de servitude pénale principale. Elle le condamne également à 33 milliards de dollars de dommages et intérêts : 29 milliards à l’État congolais et 2 milliards à chacune des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
L’arrêt a été rendu en l’absence de l’intéressé, qui ne réside plus en RDC. La plateforme d’opposition « Sauvons la RDC » l’a rejeté et le considère « nul et de nul effet ». En mai 2026, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre Joseph Kabila, au motif, selon Washington, d’un soutien apporté à l’AFC/M23, groupe armé actif dans l’est du pays. Joseph Kabila a dénoncé une décision « injustifiée ».
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Questions fréquentes
Quel est l’âge de Joseph Kabila ? Né le 4 juin 1971, Joseph Kabila a 55 ans en 2026.
Comment Joseph Kabila est-il arrivé au pouvoir ? Il a accédé à la présidence de la RDC le 17 janvier 2001, au lendemain de l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila, désigné par l’entourage présidentiel à l’âge de 29 ans.
A-t-il été élu président ? Oui. Il a remporté l’élection présidentielle de 2006 au second tour, puis a été réélu en novembre 2011 face à dix candidats, dont Étienne Tshisekedi.
Pourquoi a-t-il quitté le pouvoir en 2019 ? La Constitution congolaise limite la présidence à deux mandats. Son deuxième mandat ayant expiré en 2016, il ne pouvait légalement se représenter. L’élection de décembre 2018 a porté Félix Tshisekedi à la tête du pays.
Joseph Kabila a-t-il été condamné à mort ? Oui. La Haute Cour militaire de RDC l’a condamné à la peine de mort le 30 septembre 2025, à l’issue d’un procès tenu par contumace, pour trahison, crimes de guerre et plusieurs autres chefs. Il a également été condamné à 33 milliards de dollars de dommages et intérêts. L’arrêt a été rendu en son absence.
Où se trouve Joseph Kabila aujourd’hui ? Il ne réside plus en République démocratique du Congo. En mai 2026, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre lui, au motif, selon Washington, d’un soutien au groupe armé AFC/M23 — une décision qu’il a dénoncée comme « injustifiée ».




