Plusieurs compagnies de transport routier ont suspendu leurs liaisons avec la capitale après des attaques attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, qui impose depuis fin avril un blocus sur plusieurs axes menant à la ville.
Cette situation plonge progressivement Bamako dans une crise logistique marquée par des difficultés de circulation, des pénuries de carburant et des perturbations des services essentiels.
Des transports paralysés autour de la capitale
Plus d’une dizaine de compagnies auraient interrompu leurs trajets au départ et à destination de Bamako, selon plusieurs sources du secteur.
Ces décisions font suite à des attaques répétées contre des bus de passagers et des convois de marchandises sur différentes routes stratégiques. Des véhicules auraient été incendiés ces derniers jours, notamment sur l’axe Bamako-Ségou, dans le centre du pays.
Un responsable d’agence de transport affirme avoir perdu six autobus dans ces violences. Certaines entreprises ont officialisé la suspension de leurs activités, tandis que d’autres auraient discrètement arrêté leurs rotations, craignant des pressions administratives.
Sur les grands corridors routiers, seules quelques petites unités de transport continuent d’opérer, en empruntant parfois des itinéraires secondaires jugés moins exposés.
Pénuries de carburant et coupures d’électricité
Les conséquences du blocus commencent à se faire ressentir dans la capitale malienne. De longues files d’attente ont été observées dans plusieurs stations-service, alors que le gasoil devient rare depuis plusieurs semaines.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Les autorités ont toutefois indiqué avoir réussi à acheminer plus de 700 citernes de carburant par l’axe reliant Bamako à la Côte d’Ivoire, l’un des rares corridors encore opérationnels.
Parallèlement, la situation énergétique se dégrade. De nombreux quartiers de Bamako subissent d’importantes coupures d’électricité depuis plusieurs jours.
La société nationale Énergie du Mali (EDM) a évoqué un «incident» sur le réseau, tandis que certaines sources internes parlent d’actes de sabotage attribués à des groupes armés visant les infrastructures électriques. Des habitants affirment avoir passé jusqu’à 72 heures sans courant.
L’accès à l’eau également perturbé
Les délestages ont également des répercussions directes sur l’approvisionnement en eau potable. La Société malienne de gestion de l’eau potable a annoncé des perturbations dans plusieurs communes de Bamako, en raison des coupures d’électricité affectant les installations de pompage et de distribution.
Lire : Mali : la junte rejette tout dialogue avec les djihadistes malgré l’étau sur Bamako
Cette accumulation de difficultés accentue la pression sur les habitants de la capitale, déjà confrontés à la hausse du coût de la vie et à un contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant.
Le blocus imposé autour de Bamako illustre l’extension de la menace jihadiste jusque dans les zones proches du pouvoir central, malgré les opérations militaires menées par les autorités de transition.
Notre Afrik avec AFP