Les autorités burkinabè intensifient leur contrôle sur la société civile avec une vague de suspensions visant plusieurs centaines d’organisations, dans un contexte de durcissement du cadre légal.
La junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré a annoncé la suspension de 359 associations pour «non-renouvellement de leurs instances». Cette décision intervient quelques jours seulement après la dissolution de 118 autres organisations, dont plusieurs actives dans la défense des droits humains.
Un encadrement juridique de plus en plus strict
Les associations concernées interviennent dans des domaines variés, notamment la religion, l’éducation, l’environnement ou encore l’action
humanitaire. Selon les autorités, seules les démarches visant à régulariser leur situation administrative restent autorisées durant la période de suspension.
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Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une loi promulguée en juillet 2025 par Ibrahim Traoré, qui encadre plus strictement les activités des ONG et des associations. Le texte impose des obligations renforcées en matière de déclaration, de transparence et de conformité, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à la dissolution.
Sécurité et lutte contre le financement illicite en toile de fond
Le gouvernement justifie ce durcissement par la nécessité de mieux contrôler les flux financiers et de lutter contre le blanchiment d’argent ainsi que le financement du terrorisme. Le pays est confronté depuis plus d’une décennie à des attaques de groupes jihadistes liés à Al-Qaida et à État islamique.
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Dans ce contexte, certaines ONG, notamment celles bénéficiant de financements internationaux, sont régulièrement accusées par les autorités de collusion ou d’activités d’espionnage. Le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo a ainsi affirmé que l’État entendait mettre fin à toute opacité dans le fonctionnement des associations.
Des inquiétudes sur un recul des libertés
Cette politique suscite de vives critiques. L’ONG Human Rights Watch dénonce un dispositif permettant d’«intensifier la répression» de la société civile. Début avril, Ibrahim Traoré avait lui-même appelé les Burkinabè à «oublier la démocratie», dans le cadre d’une ligne politique revendiquant une transformation souverainiste du pays.
Dans un climat sécuritaire tendu et à la faveur d’un pouvoir issu d’un coup d’État en 2022, ces décisions traduisent un resserrement progressif de l’espace civique au Burkina Faso.
Notre Afrik avec AFP