Parmi les principales revendications avancées, le syndicat pointe notamment des pratiques de mise à disposition du personnel qualifiées d’irrégulières, le non-arrimage des rémunérations aux grilles salariales des entreprises utilisatrices, ainsi que le versement rétroactif des arriérés dus.
Au Gabon, l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) a lancé un avertissement aux compagnies opérant dans le pays. Faute de réponses concrètes à leurs revendications sociales, une cessation de la production nationale pourrait intervenir à compter du 31 janvier 2026 à 23h59.
Dans une correspondance datée du 16 janvier 2026 et adressée aussi bien aux majors qu’aux sociétés de prestation, le syndicat majoritaire dénonce l’absence persistante de dialogue de la part des employeurs. Une posture que l’ONEP estime préjudiciable à la stabilité sociale dans un secteur névralgique de l’économie gabonaise.
Selon l’organisation syndicale, les revendications à l’origine de cette montée de tension ne sont pas nouvelles. Les premiers préavis de grève remonteraient à près de trois ans, période durant laquelle les entreprises concernées auraient, selon l’ONEP, ignoré les multiples alertes des travailleurs.
Des pratiques jugées illégales au cœur du conflit
Parmi les principaux griefs soulevés figurent la mise à disposition jugée frauduleuse de personnel, l’absence d’alignement des salaires sur les grilles des sociétés utilisatrices, ainsi que le paiement rétroactif des sommes dues. Le syndicat exige également le transfert vers les sociétés utilisatrices des travailleurs remplissant les critères légaux et réglementaires.
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À ces revendications s’ajoutent des cahiers de charges propres aux syndicats d’entreprise, déjà déposés auprès des directions concernées, dont l’ONEP réclame la satisfaction intégrale.
Vers une grève générale avec service minimum
À défaut de réponse jugée satisfaisante avant l’échéance fixée, l’ONEP annonce le déclenchement d’une grève générale dans l’ensemble du secteur pétrolier. Conformément à l’article 385 du Code du travail, un service minimum limité à 40 % des activités serait maintenu.
Toutefois, compte tenu des risques inhérents aux activités pétrolières, notamment le forage, le workover et les opérations d’enlèvement pétrolier, ce service minimum serait prioritairement dédié à la sécurisation des installations et des équipements.
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Un enjeu économique majeur pour le Gabon
Cette menace de paralysie survient dans un contexte économique délicat. Malgré les politiques de diversification engagées, le pétrole reste la principale source de revenus du Gabon, représentant environ 60 % des recettes budgétaires de l’État, en dépit du déclin progressif de la production.
Un arrêt, même partiel, de l’activité pétrolière pourrait donc entraîner des conséquences lourdes sur les finances publiques et l’économie nationale, accentuant la pression sur les autorités et les opérateurs du secteur à l’approche de l’échéance du 31 janvier.