Un collectif se présentant comme le regroupement des familles de victimes de la répression politique au Sénégal a exprimé, vendredi 6 mars à Dakar, son opposition à une éventuelle candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies.
Lors d’une conférence de presse, le président du collectif, Boubacar Seye, a déclaré que cette démarche s’inscrivait «au nom de la mémoire des victimes, de la vérité et de l’exigence de justice». Selon lui,
l’ONU ne doit pas devenir
«un refuge politique» ni un moyen de redorer l’image de l’ancien chef d’État.
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Des accusations liées à la répression des manifestations
Le collectif reproche à Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, d’avoir été à l’origine d’une répression violente lors de manifestations politiques survenues entre mars 2021 et février 2024. Ces troubles avaient fait plusieurs dizaines de morts.
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Au cours de la rencontre avec la presse, les membres du collectif ont énuméré les noms de 68 personnes qu’ils affirment avoir perdu la vie durant ces événements, affirmant disposer d’éléments attestant des circonstances de leur décès. Les autorités actuellement au pouvoir accusent également l’ancien président d’avoir dissimulé certaines données économiques importantes, notamment concernant la dette publique.
Une candidature jugée controversée
La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU n’aurait pas été présentée par le Sénégal lui-même, comme le veut généralement la pratique diplomatique. Elle aurait été portée par le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine. Pour le collectif, cette initiative s’apparente à une manœuvre diplomatique contestable. Ses responsables affirment qu’aucun vote formel ni consensus des États membres de l’Union africaine n’a précédé cette proposition.
Des voix politiques s’opposent également
Plusieurs figures politiques ont aussi exprimé leur désaccord avec cette éventualité. C’est notamment le cas du député Guy Marius Sagna, qui a dénoncé la perspective de voir l’ONU servir de « blanchisserie » pour des crimes de sang ou des infractions économiques. Il a annoncé le lancement d’une campagne, au niveau national et international, pour s’opposer à cette candidature. De son côté, Pape Abdoulaye Touré, autre responsable du collectif, estime que l’ancien président chercherait à obtenir une position internationale afin d’éviter d’éventuelles poursuites judiciaires.
La perspective d’une candidature de Macky Sall suscite toutefois des avis divergents au Sénégal. Certains partis politiques et personnalités publiques ont récemment plaidé pour que le pays soutienne l’ancien président, estimant qu’une telle nomination pourrait renforcer l’influence diplomatique du Sénégal sur la scène internationale.