Selon un élu du parti de l’opposant Bobi Wine, les faits se seraient produits dans la nuit de jeudi à vendredi à son domicile, dans le centre du pays, à la veille de la publication des résultats de la présidentielle et des législatives.
En Ouganda, un député de la Plateforme d’unité nationale (NUP), le parti de l’opposant Bobi Wine, a accusé vendredi 16 janvier 2026 l’armée d’avoir tué dix de ses partisans à son domicile. Cette dénonciation intervient dans un climat politique particulièrement tendu, alors que les résultats officiels des élections présidentielle et législatives, organisées jeudi, sont attendus d’ici à samedi.
Muwanga Kivumbi, député du district de Butambala, a affirmé que les faits se sont déroulés dans la nuit de jeudi à vendredi. «Dix personnes ont été tuées à l’intérieur de ma maison», a-t-il déclaré, accusant les forces armées d’avoir ouvert le feu avant d’emporter les corps. «Il ne reste plus qu’une mare de sang», a-t-il ajouté.

Une intervention militaire lors d’un rassemblement de protestation
Selon l’épouse du député, Zahara Nampewo, plusieurs centaines de personnes s’étaient réunies au domicile familial pour protester contre une supposée manipulation du vote dans la circonscription lorsque l’armée est intervenue pour disperser la foule. Des témoins affirment que des tirs ont été effectués alors que des civils tentaient de fuir vers les plantations voisines.
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«Nous étions des civils, nous n’étions pas armés. Il était environ trois heures du matin», a témoigné Zahara Nampewo, se disant profondément choquée par les événements. Elle affirme que les victimes étaient de jeunes agents de campagne venus soutenir le député.
Versions contradictoires dans un contexte post-électoral tendu
Les forces de sécurité ougandaises contestent cette version. Selon une source sécuritaire citée par l’AFP, sept personnes auraient été tuées alors qu’elles tentaient d’attaquer un centre local de dépouillement des votes. Aucune communication officielle détaillée n’a toutefois été faite par les autorités à ce stade.
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Ces accusations surviennent au lendemain d’un scrutin déjà marqué par des tensions, des coupures d’internet et des arrestations de partisans de l’opposition. Le président sortant Yoweri Museveni, 81 ans, au pouvoir depuis près de quarante ans, brigue un septième mandat, tandis que son principal rival, Bobi Wine, dénonce de graves irrégularités électorales.
À la veille de l’annonce des résultats, ces nouvelles accusations font craindre une escalade des violences dans un pays où le climat politique reste extrêmement polarisé.
Notre Afrik avec AFP








