Selon la Commission électorale, le dépouillement des votes a débuté jeudi soir après une journée de scrutin perturbée par des dysfonctionnements des équipements biométriques et de longs retards dans plusieurs bureaux.
L’Ouganda a entamé, jeudi 15 janvier 2026, le dépouillement des bulletins à l’issue des élections présidentielle et législatives organisées dans un climat de fortes tensions. La journée électorale a été marquée par d’importants problèmes techniques, notamment liés aux machines biométriques d’identification des électeurs, contraignant plusieurs bureaux à recourir à des vérifications manuelles. Les résultats officiels sont attendus dans un délai constitutionnel de 48 heures.
Dans la capitale Kampala et dans plusieurs régions du pays, le dépouillement a été retransmis par des médias locaux, sous une forte présence sécuritaire. L’accès à internet, coupé depuis mardi par les autorités, demeure suspendu, limitant la circulation de l’information et l’observation indépendante du processus.

Accusations croisées entre pouvoir et opposition
Nombre d’observateurs estiment que ces élections constituent une formalité pour le président sortant Yoweri Museveni, 81 ans, au pouvoir depuis près de quatre décennies et candidat à un septième mandat consécutif. Son principal adversaire, l’opposant Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, a dénoncé de «graves irrégularités», évoquant sur les réseaux sociaux un «bourrage massif des urnes» et l’arrestation de cadres de son parti dans un contexte de coupure d’internet. Ces accusations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
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De son côté, Yoweri Museveni a reconnu des défaillances techniques lors du vote, affirmant avoir lui-même rencontré des difficultés avec les dispositifs biométriques. Il a toutefois exprimé sa confiance quant à l’issue du scrutin, se disant convaincu d’obtenir une large majorité. Le chef de l’État a également accusé l’opposition de pratiques frauduleuses lors des précédentes élections.
Un climat sécuritaire et politique sous tension
Le scrutin s’est déroulé dans un environnement qualifié de «répressif» par les Nations unies, qui évoquent une «intimidation généralisée». Selon Amnesty International, au moins 400 partisans de Bobi Wine ont été arrêtés durant la campagne électorale. L’opposant, déjà détenu et torturé lors du scrutin de 2021, affirme craindre de nouvelles violences et a promis des manifestations en cas de fraude avérée.
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La situation est également marquée par la détention de figures de l’opposition, dont Kizza Besigye, ancien rival historique de Museveni, arrêté en 2024 et toujours incarcéré pour des accusations de trahison. Plusieurs ONG ont par ailleurs été sommées de suspendre leurs activités.
Les bureaux de vote ont fermé avec une heure de retard, afin de compenser les dysfonctionnements observés en début de journée. Les résultats doivent être annoncés au plus tard samedi en fin d’après-midi. Dans un pays où plus de 70 % de la population a moins de 30 ans et n’a connu qu’un seul président, l’issue du scrutin pourrait raviver les tensions politiques, dans un contexte de méfiance persistante envers le processus électoral.
Notre Afrik avec AFP








