Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro ne pourront non seulement pas se porter candidats, mais ne pourront pas non plus voter.
La liste électorale définitive publiée ce mercredi 4 juin en Côte d’Ivoire exclut quatre personnalités de l’opposition politique. Ils ne pourront ni se porter candidats à l’élection présidentielle prévue en octobre, ni même voter. Une situation qui ravive les tensions à quelques mois du scrutin. Parmi les exclus figure Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), dont la radiation en avril dernier découle d’une décision de justice ayant remis en question sa nationalité ivoirienne au moment de son inscription sur les listes. Les anciens dirigeants Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro restent également écartés, en raison de condamnations judiciaires antérieures. Leurs noms n’ont pas été réintégrés à la liste depuis leur radiation.

Le président sortant, Alassane Ouattara, âgé de 83 ans, figure sur la liste électorale, mais n’a pas encore confirmé s’il va se présenter pour un quatrième mandat. En 2015 et 2020, il a remporté la présidentielle avec plus de 80 % des suffrages. Lors d’une conférence de presse lundi, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Kuibiert Coulibaly, a déclaré qu’aucune modification de la liste électorale n’était envisageable avant le scrutin du 25 octobre. Selon lui, la procédure de révision prendrait « entre six et sept mois », ce qui compromettrait la tenue de l’élection dans les délais prévus.

Tidjane Thiam dénonce une “dérive démocratique”
Réagissant depuis l’étranger, Tidjane Thiam a dénoncé, dans un communiqué, son exclusion comme un symptôme d’une dérive autoritaire. Il a saisi le Comité des droits de l’homme de l’ONU pour contester cette radiation. Son avocat, Me Mathias Chichportich, qualifie la décision d’arbitraire, discriminatoire et sans recours, y voyant une violation des engagements internationaux de la Côte d’Ivoire.
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Du côté du Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (PPA-CI), fondé par Laurent Gbagbo, les critiques sont également vives. Son porte-parole adjoint, Jean-Gervais Tchéidé, regrette que le gouvernement ait ignoré les appels au dialogue, parlant d’un “passage en force” inacceptable. « Nous n’allons pas les laisser faire », prévient-il.
Des opposants toujours en lice, mais inquiets
Malgré ces exclusions, d’autres personnalités politiques restent éligibles, dont Simone Ehivet Gbagbo, ancienne première dame, Jean-Louis Billon, ex-ministre du Commerce, et Pascal Affi N’Guessan, ancien premier ministre. Toutefois, Simone Gbagbo, s’exprimant au nom d’une coalition de l’opposition, déclare que les conditions ne sont pas réunies pour des élections apaisées. Depuis plusieurs mois, l’opposition demande une révision de la liste électorale et la réintégration des candidats exclus, sans succès. La CEI campe sur sa position et appelle au respect des décisions de justice pour « clore les divergences » et préserver l’État de droit.
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La liste électorale actuelle comprend 8,7 millions d’électeurs dans un pays de 30 millions d’habitants, dont près de la moitié a moins de 18 ans. Ce chiffre met en lumière une exclusion importante de la jeunesse du processus électoral. De leur côté, les autorités affirment que le processus électoral est apolitique et que la justice agit de manière indépendante.
Notre Afrik avec AFP








