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Turquie au Niger : 3 permis d’or, le Sénégal en vue

Alparslan Bayraktar, ministre turc de l'Énergie, artisan des accords miniers entre la Turquie et le Niger

La Turquie élargit son pari minier en Afrique, et le Niger en est la pièce la plus avancée. L’entreprise publique turque MTA International Mining (MTAIC) y présente une filiale dotée de trois permis aurifères, en exploration depuis 2021. Au Sénégal, au Nigeria et désormais en Angola, Ankara multiplie les accords, selon une synthèse de l’Agence Ecofin du 7 octobre 2026. La plupart restent au stade des protocoles.

Après le bâtiment, la défense et le commerce, les mines sont le nouveau front de la présence turque sur le continent. Ankara y cherche des matières premières pour son industrie, son secteur de défense et son programme nucléaire naissant, face à la Chine, à la Russie, aux pays du Golfe et à l’Inde.

Turquie au Niger : de l’exploration à l’or promis

MTAIC Niger Mining rattache sa création à un accord conclu en 2020 avec le Centre de recherches géologiques et minières du Niger. Sa présentation officielle décrit des travaux de cartographie, d’échantillonnage, de géophysique et de forage, des études de faisabilité et un laboratoire d’analyse. Une seconde filiale, MTAIC Agadez Mining, créée en novembre 2024, a commencé à explorer en 2025.

Les accords politiques ont suivi. En juillet 2024, les ministres turcs des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Énergie se sont rendus à Niamey. En octobre 2024, un protocole sur la coopération minière a été signé à Istanbul par le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, et le ministre nigérien des Mines, le colonel Abarchi Ousmane. L’uranium nigérien intéresse aussi Ankara, qui construit sa première centrale nucléaire, Akkuyu, avec le russe Rosatom.

Le 22 janvier 2026, Alparslan Bayraktar annonçait l’arrivée des équipements au Niger et une première production d’or « dans les mois suivants ». Aucune mise en service ni aucun volume produit n’ont été confirmés depuis : il s’agit encore d’un objectif déclaré, pas d’une mine en activité.

Au Sénégal, un accord plus énergétique que minier

Le volet sénégalais est d’une autre nature. Le 31 octobre 2024, lors de la visite du président Bassirou Diomaye Faye à Ankara, Alparslan Bayraktar et la ministre sénégalaise des Affaires étrangères, Yassine Fall, ont signé un protocole sur l’énergie et les hydrocarbures. Il couvre le pétrole et le gaz, les renouvelables, l’efficacité énergétique, mais aussi les minerais critiques et les terres rares. Le texte ne désigne ni mine précise, ni investissement engagé.

Le Nigeria a signé en mai 2026 un protocole sur les minéraux solides en marge du Sommet d’Istanbul sur les ressources naturelles. Et le 6 octobre 2026, l’ambassadeur turc en Angola, Özgür Uludüz, a rencontré le ministre angolais des Ressources minérales, Diamantino Azevedo, sans engagement majeur à la clé, selon Ecofin.

Ce que les pays hôtes doivent négocier

Ces partenariats sont à des stades très différents : l’exploration produit de l’information, un protocole ouvre une coopération, seule une mine en service produit des revenus. Les additionner comme des investissements réalisés masquerait le risque et le temps nécessaires. Au Niger, la concurrence est vive, notamment avec la Russie sur les actifs uranifères, et l’insécurité au Sahel complique toute exploitation.

Pour Niamey et Dakar, l’enjeu est de transformer ce nouveau partenaire en conditions favorables : qui finance les infrastructures, qui conserve les données géologiques produites par l’exploration, quels emplois et quels fournisseurs locaux. Aucun de ces engagements n’est publié dans les accords consultés. Les prochains jalons à suivre sont concrets : études validées, décisions d’investissement et premier or effectivement coulé au Niger.

Sources

  • MTA International Mining, présentation de MTAIC Niger Mining et d’Agadez Mining ; ministère turc de l’Énergie, 31 octobre 2024 et 22 janvier 2026.
  • Agence Ecofin, 7 octobre 2026 ; Mining Weekly / Bloomberg, 22 octobre 2024 ; Critical Threats Project, 25 juillet 2024 ; Capmad, 28 mai 2026.

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