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Or de Mbe : Oriole cède une redevance pour 1,2 M$

Lingot et granulés d'or, métal que le projet d'or de Mbe au Cameroun n'a pas encore produit

La société britannique Oriole Resources, cotée sur le marché AIM de Londres, a annoncé le 18 septembre 2026 la vente de sa redevance de 1,2 % sur le projet cuivre-or de Muratdere, en Turquie, à Ardent Metals LLC-FZ, basée à Dubaï, pour 1,2 million de dollars — environ 686 millions de FCFA. Le produit ira aux activités camerounaises du groupe, au premier rang desquelles le projet d’or de Mbe, dans l’Adamaoua, dont la ressource inférée a été portée le 23 juillet à 1,66 million d’onces. Le chiffre impressionne ; il ne dit encore rien de l’existence d’une mine.

Une redevance turque pour financer des forages camerounais

Oriole, ex-Stratex International, a opéré Muratdere entre 2005 et 2011 et y avait conservé une redevance de 1,2 % sur le revenu net de fonderie — le droit de percevoir une fraction des ventes futures si la mine entre en production. Cet actif était devenu étranger à sa stratégie.

Le montant n’est pas encaissé. Oriole a reçu 400 000 dollars à la signature, avec transfert du titre ; 800 000 dollars restent dus en deux échéances, en mars puis en septembre 2027, et la redevance revient à Oriole en cas de retard. Il faut donc lire « jusqu’à 1,2 million de dollars ».

Pour une société dont la capitalisation se compte en quelques millions de livres, cette somme représente plusieurs mois d’exploration sans émission d’actions nouvelles. Martin Rosser, son directeur général, indique l’affecter aux activités du groupe au Cameroun. Le lien de cause à effet avec la hausse des ressources de juillet, suggéré par certaines reprises, n’est pas celui qu’établit la société.

De zéro à 1,66 million d’onces en un an

Le projet fait partie du Central Licence Package, un ensemble de permis contigus d’environ 312 km² à l’ouest de Ngaoundéré, sur des terrains décrits par Oriole comme non explorés auparavant. La progression a été rapide. En juillet 2025, aucune ressource n’était déclarée, seulement une cible d’exploration. En octobre 2025, une première ressource inférée de 870 000 onces était annoncée sur le gisement MB01-S. En avril 2026 s’ajoutaient 360 000 onces à MB01-N. Le 23 juillet 2026, MB01-S était porté à 1,3 million d’onces, soit 1,66 million au total, à une teneur d’environ 1,02 gramme par tonne.

Oriole ne détient que la moitié du projet. BCM International en possède l’autre moitié au titre d’un accord d’acquisition progressive, contre un paiement de signature d’un million de dollars, quatre millions de dépenses d’exploration et des versements liés aux ressources. En juin 2026, Oriole avait racheté les 10 % de ses partenaires locaux, BEIG3 et Roxanne Minerals, pour consolider sa part.

Ce que « inférée » veut dire

C’est le point que le chiffre de 1,66 million d’onces masque. Dans le code JORC, la catégorie « inférée » est la moins fiable : elle est estimée à partir de forages espacés, sans démonstration de continuité géologique ni d’économie du gisement. Une ressource inférée peut doubler, se réduire de moitié ou disparaître lorsqu’elle passe en catégorie « indiquée ». Elle ne peut pas servir de base à une étude de faisabilité.

La totalité de la ressource de Mbe relève de cette catégorie. À environ un gramme par tonne, la teneur est modeste ; la viabilité dépendra du tonnage, de la métallurgie, de l’énergie et de la logistique dans une région enclavée — et du cours de l’or, aujourd’hui au-dessus de 4 000 dollars l’once, qui rend attractifs des gisements qui ne l’étaient pas à 1 800. Aucune étude économique n’existe à ce jour.

Oriole détient par ailleurs le projet de Bibemi, dans le Nord, avec 460 000 onces indiquées et inférées à 2,06 grammes par tonne, pour lequel une demande de permis d’exploitation a été déposée, ainsi que des prospects à Niambaram et Ndom.

Ce que cette petite opération dit du secteur

Le Cameroun n’a pas de mine d’or industrielle. Son or est artisanal et largement exporté sans déclaration : les statistiques miroir font apparaître une quinzaine de tonnes quand les déclarations officielles en comptent quelques dizaines de kilos. Mbe et Bibemi comptent parmi les rares candidats à une exploitation formelle, et ils sont portés par une société junior londonienne.

C’est le modèle de l’exploration minière africaine. Le risque géologique est pris par de petites sociétés cotées sur des marchés juniors — AIM à Londres, TSX-V à Toronto, ASX à Sydney — qui lèvent de l’argent par à-coups, cèdent des participations à des partenaires et vendent des actifs annexes pour tenir jusqu’à la découverte qui attirera un acheteur plus gros. Les États hôtes en tirent des permis payés et, un jour peut-être, une mine.

Entre-temps, la valeur — le gisement lui-même — est cotée à Londres. Les 686 millions de FCFA ne sont pas un investissement au Cameroun : ce sont des dollars venus de Turquie via Dubaï qui deviennent des carottes de forage camerounaises. Ce n’est pas un jugement, c’est la mécanique, et elle est la même de la Guinée au Mali. C’est une lecture de la rédaction.

À lire également : Fer Kalia : 7 milliards de tonnes, zéro extraite, Cobalt artisanal : BGN, 3e négociant à courtiser l’EGC et Cameroun États-Unis : +119 % d’exports selon Census Bureau. Les communiqués réglementés de la société sont publiés sur le site d’Oriole Resources.

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