Souveraineté industrielle : l’Afrique peut capter 34 milliards USD en transformant son

souveraineté industrielle — « Power, Protect, Purchase » : Africa Made It dévoile une feuille de route pour capter 34 mi

La souveraineté industrielle de l'Afrique est au cœur d'une nouvelle offensive continentale : le mouvement Africa Made It a officiellement lancé, le 7 juin 2025 à Lagos (Nigeria), en marge du CANEX WKND, sa campagne « Power, Protect and Purchase ». Objectif annoncé : générer 34 milliards USD (≈ 20 500 milliards FCFA) de contribution annuelle au PIB africain en substituant à l'exportation de coton brut une transformation locale complète, de la fibre au vêtement fini.

Analyse NotreAfrik — L'Afrique est le premier producteur mondial de coton mais reste marginalisée dans la chaîne de valeur textile mondiale. Cette campagne s'inscrit dans une tendance continentale plus large — portée aussi par la ZLECAf — visant à substituer l'exportation de matières premières brutes par une industrialisation locale. Afreximbank, l'un des partenaires du mouvement, finance déjà plusieurs projets de transformation manufacturière à travers le continent.
souveraineté industrielle — « Power, Protect, Purchase » : Africa Made It dévoile une feuille de route pour capter 34 mi
© APO Group

Souveraineté industrielle : trois leviers pour garder la valeur en Afrique

Le constat de départ est brutal. Selon les recherches d'Africa Practice, le continent exporte aujourd'hui jusqu'à 98 % de son coton brut et ne capte que 2 % de la valeur totale de la filière. Résultat : un déficit commercial annuel de 35 milliards USD (≈ 21 000 milliards FCFA) lié à ce seul secteur. Développer localement les capacités de filature, de tissage et de confection permettrait de maintenir près de deux millions d'emplois industriels permanents et d'injecter chaque année environ 33 milliards USD directement dans les revenus des ménages africains.

La feuille de route d'Africa Made It repose sur trois piliers. D'abord, « Power » : garantir aux usines locales un accès à l'énergie à coût compétitif. Ensuite, « Protect » : adopter des mesures de protection des industriels nationaux émergents contre les importations déloyales. Enfin, « Purchase » : mobiliser les consommateurs africains en faveur des vêtements fabriqués sur le continent. Pour ancrer cette transformation, une enveloppe de 1,8 milliard USD (≈ 1 080 milliards FCFA) est identifiée comme nécessaire pour combler le « chaînon manquant » de la filière. Les femmes, qui représentent entre 70 et 90 % de la main-d'œuvre des usines de confection africaines, sont les premières bénéficiaires potentielles de cette montée en puissance industrielle.

2 millions d'emplois et des milliards de revenus ruraux en jeu

Marie Wilke, rédactrice en chef du magazine Africa Made It, résume l'enjeu : « La culture, le design et les récits africains influencent la mode, la musique et les médias du monde entier comme jamais auparavant. Pourtant, sans infrastructures de production locales, cette influence créative rapporte très peu à l'Afrique. Relier directement la récolte de coton à sa transformation sur place, c'est garder sur le continent la propriété intellectuelle, les marges commerciales et les emplois industriels. » Africa Made It est coordonné par un réseau de partenaires panafricains incluant AllAfrica Media, Africa24, Africa No Filter, Africa Practice, Afreximbank, AKAS Consulting, Bird Story Agency, IC Publications et Research Alpha.

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Avec APO Group.

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