Sénégal : Sonko se repositionne et assume ses divergences avec Diomaye

Sénégal : Sonko se repositionne et assume ses divergences avec Diomaye

Pour sa première grande sortie médiatique depuis son départ de la Primature, Ousmane Sonko a abordé sans détour ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, la situation économique du Sénégal, les prochaines échéances électorales ainsi que plusieurs sujets sensibles de l’actualité nationale.

Lors de cet entretien accordé à RFI et France 24, le président de l’Assemblée nationale a reconnu l’existence de divergences politiques avec le chef de l’État tout en rejetant l’idée d’une crise susceptible de déstabiliser le pays.

Des désaccords assumés avec le président

Interrogé sur les tensions qui se sont installées entre les deux hommes ces derniers mois, Ousmane Sonko a estimé que les divergences observées relevaient davantage de choix politiques que d’un conflit personnel.

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L’ancien Premier ministre considère que certains engagements pris devant les Sénégalais lors de l’arrivée au pouvoir du Pastef ne sont plus pleinement respectés. Toutefois, il a tenu à rassurer sur la stabilité des institutions, affirmant que les désaccords actuels ne sauraient remettre en cause la cohésion nationale.

Concernant une éventuelle exclusion du président Bassirou Diomaye Faye du Pastef, Sonko a rappelé que seule la direction du parti est habilitée à se prononcer sur une telle question.

Une Assemblée nationale prête à jouer son rôle

Désormais à la tête du Parlement, Ousmane Sonko affirme vouloir se consacrer pleinement au renforcement de cette institution. S’il exclut toute logique d’affrontement systématique avec l’exécutif, il prévient néanmoins que l’Assemblée nationale exercera pleinement ses prérogatives constitutionnelles, y compris le contrôle de l’action gouvernementale.

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Il a notamment insisté sur le fait qu’aucun report des élections locales prévues en 2027 ne serait acceptable selon lui, estimant que le calendrier électoral doit être respecté.

Le dossier de la dette au cœur des préoccupations

L’ancien chef du gouvernement est également revenu sur la situation financière du Sénégal, marquée par un niveau d’endettement particulièrement élevé.

Tout en défendant le bilan économique de son équipe lorsqu’il était à la Primature, il a reconnu que la situation actuelle demeure préoccupante. Sonko n’exclut pas certaines solutions pour soulager les finances publiques, mais estime que toute décision devra préserver les intérêts stratégiques du pays.

Il a par ailleurs réitéré sa position sur la possibilité de remettre en question une partie de la dette qu’il qualifie d’« odieuse », tout en appelant à un débat politique courageux sur cette question.

Retour sur la crise universitaire

Questionné sur la mort d’un étudiant lors des événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop, Sonko a défendu la gestion de son gouvernement tout en reconnaissant que certaines interventions des forces de l’ordre ont pu être excessives.

Lire : Sénégal : Ousmane Sonko prend officiellement la tête de Pastef

Il rappelle qu’une enquête judiciaire est toujours en cours et estime qu’il est prématuré de tirer des conclusions définitives sur les responsabilités dans cette affaire. Selon lui, le maintien de l’ordre reste une obligation de l’État, mais il doit s’effectuer dans le respect des droits des citoyens.

Une position ferme sur les questions sociétales

Sur le débat autour de l’homosexualité, sujet régulièrement source de tensions entre Dakar et certains partenaires occidentaux, Ousmane Sonko a adopté une ligne particulièrement ferme.

Il a défendu la législation sénégalaise en vigueur, estimant qu’elle relève de la souveraineté nationale et des choix de société du peuple sénégalais.

L’ancien Premier ministre a également affirmé que le Sénégal n’avait pas à modifier ses lois sous la pression d’acteurs étrangers, réaffirmant son attachement à la défense des valeurs culturelles et religieuses du pays.

Une candidature en 2029 toujours en suspens

Interrogé sur une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2029, Ousmane Sonko a refusé de se prononcer clairement. S’il reconnaît que de nombreuses initiatives militent déjà en faveur de sa candidature, il estime qu’il est encore trop tôt pour aborder cette question et rappelle que la décision reviendra aux instances du Pastef.

Cette prudence n’empêche toutefois pas les observateurs de considérer qu’il demeure l’une des principales figures de la vie politique sénégalaise en vue des prochaines échéances électorales.

Une vision panafricaine assumée

En conclusion de l’entretien, Ousmane Sonko a réaffirmé sa vision d’une Afrique plus souveraine et davantage consciente de son potentiel économique et humain.

Évoquant notamment les relations entre l’Afrique et l’Occident, il a appelé les pays africains à mieux valoriser leurs ressources, leurs talents et leur poids démographique afin de redéfinir les rapports de force sur la scène internationale.

Une prise de parole qui confirme la volonté de l’ancien Premier ministre de rester un acteur central du débat politique sénégalais malgré son départ du gouvernement.

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