L’ancien journaliste de Radio Rwanda est inculpé pour complicité de crimes contre l’humanité et entente aux fins de commettre ces crimes.
Hyacinthe Bicamumpaka, ancien animateur vedette de Radio Rwanda (la station officielle du régime hutu au pouvoir lors du génocide de 1994) a été placé en détention provisoire en France, selon plusieurs médias français. Il est mis en examen pour génocide, complicité de crimes contre l’humanité et entente en vue de les commettre, d’après des informations rapportées notamment par RFI.

Âgé de 65 ans, Bicamumpaka a été arrêté après 31 ans passés sur le territoire français. Il était arrivé en juin 1994, en pleine période de massacres au Rwanda, et avait alors sollicité l’asile politique, affirmant être menacé en tant que Hutu dans son pays d’origine.

Un statut de réfugié refusé dès 1997
Cependant, en 1997, la Commission des recours des réfugiés rejette sa demande d’asile, soulignant que l’ancien animateur avait participé, au travers de ses fonctions à la radio, à la propagation de messages de haine et à une propagande qui encourageait les massacres de masse contre les Tutsis. Selon cette décision, il ne pouvait ignorer le rôle qu’il jouait dans la machine de propagande meurtrière du gouvernement hutu.
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Malgré ce rejet, aucune mesure judiciaire n’avait été prise à son encontre pendant plus de deux décennies. Bicamumpaka a pu continuer à vivre librement en France, bien qu’il figurait sur la liste des génocidaires de catégorie 1 publiée par le Journal officiel du Rwanda dès 1997.
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Ce n’est qu’en 2021 que la situation évolue : un article de Mediapart révèle la présence du suspect en France. Deux semaines après cette publication, une enquête est confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine. Cette instruction aboutit, en avril 2025, à la mise en examen de Bicamumpaka et à sa mise en détention provisoire.








