Cette décision de l’Organisation africaine est intervenue après le coup d’État du mercredi 26 novembre, l’installation du général Horta N’Tam à la tête de l’État pour une transition d’un an et la nomination d’un nouveau Premier ministre.
Les nouvelles autorités militaires de Guinée-Bissau ont renforcé son emprise sur le pays en procédant, jeudi et vendredi, à plusieurs nominations clés. Après le général Horta N’Tam qui a été installé à la tête de l’État pour une transition d’un an, un nouveau Premier ministre a été désigné. Malgré ces initiatives, le pays n’a pas échappé à une suspension immédiate de l’Union africaine.
Un nouveau leadership militaire mis en place
Jeudi, les militaires ont confié à l’ex-chef d’état-major de l’armée de terre, le général Horta N’Tam, la direction du Haut Commandement militaire pour la restauration de l’ordre (HCM), chargé de piloter la transition politique.

Le lendemain, ce dernier a nommé par décret Ilidio Vieira Té au poste de Premier ministre et ministre des Finances. Ilidio Vieira Té occupait déjà le portefeuille des Finances sous le président Umaro Sissoco Embaló, renversé lors du coup d’État de mercredi. Lors de la brève cérémonie d’investiture, le général Horta N’Tam a décrit M. Té comme un «travailleur fiable» avec lequel il souhaite poursuivre la collaboration «dans le même navire».
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Suspension immédiate de la Guinée-Bissau par l’Union africaine
L’Union africaine a réagi sans attendre. Vendredi, son président de commission, Mahamoud Ali Youssouf, a annoncé la suspension «avec effet immédiat» du pays de toutes ses instances. Parallèlement, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a signalé qu’au moins 18 personnes, responsables gouvernementaux, magistrats et figures de l’opposition avaient été placées en détention arbitraire depuis le putsch.
Il s’est dit «préoccupé» par les multiples violations des droits humains observées depuis mercredi. Sur le terrain, la capitale, Bissau, a retrouvé un rythme plus normal vendredi : trafic et activités économiques ont repris, et la présence militaire a été visiblement réduite.
Allègement des restrictions et réouverture progressive
Dans un geste visant à rassurer la population, le HCM a levé jeudi le couvre-feu nocturne mis en place la veille. Les frontières, fermées depuis mercredi après-midi, ont été rouvertes, et les autorités ont ordonné la reprise immédiate des écoles, marchés et établissements privés. Ces mesures laissent entrevoir une volonté de stabilisation, malgré la rupture institutionnelle.
Lire : Guinée-Bissau : un général prend la tête du pays et dirige une transition d’un an
L’ex-président Embaló trouve refuge au Sénégal
L’ancien président Umaro Sissoco Embaló, détenu durant deux jours par les militaires, a pu quitter le pays jeudi soir à bord d’un avion envoyé par le Sénégal. Dakar a confirmé son arrivée «sain et sauf». Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, est revenu avec vigueur sur l’événement, jugeant le coup d’État comme une simple «combine». Il a appelé à la poursuite du processus électoral et à l’annonce des résultats du double scrutin du 23 novembre. Sonko a également exigé la libération de toutes les personnes arrêtées, en particulier celle de Domingos Simões Pereira, pourtant non candidat.
Notre Afrik avec AFP







