La 14e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), tenue à Yaoundé, s’est conclue dimanche 2 9 mars sans accord sur les principaux dossiers à l’ordre du jour. Malgré plusieurs jours d’intenses discussions, les divergences entre grandes puissances commerciales ont empêché toute avancée significative.
Les négociations ont achoppé sur des sujets majeurs tels que la réforme de l’institution, le commerce électronique et l’agriculture.
de désaccords profonds, des progrès semblaient pourtant envisageables sur la réforme de l’OMC. Mais les discussions se sont enlisées dans un jeu de conditionnalités entre les différents dossiers.
Des tensions ont notamment opposé des pays comme l’Inde, le Brésil et les États-Unis, illustrant la difficulté à concilier les intérêts des économies développées et ceux des pays en développement.
La fin du moratoire sur le commerce numérique
L’une des conséquences majeures de cet échec est l’expiration du moratoire sur les droits de douane appliqués aux échanges numériques. En vigueur depuis 1998, ce dispositif empêchait les États de taxer les flux électroniques.
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Sa non-reconduction constitue un revers pour les pays développés, en particulier les États-Unis, qui plaidaient pour sa prolongation, voire sa pérennisation. À l’inverse, plusieurs pays en développement redoutent les pertes fiscales liées à ce mécanisme.
Des négociations sous tension
Au fil des discussions, les positions se sont durcies. Le Brésil a notamment conditionné les avancées sur le commerce électronique à des progrès sur le dossier agricole, bloquant ainsi les négociations.
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De leur côté, certains États refusaient toute évolution sur la réforme sans accord préalable sur l’e-commerce, créant une impasse difficile à surmonter. Les tractations, entrées dans une phase intense de marchandage durant le week-end, n’ont finalement pas permis de rapprocher les points de vue.
Une institution en quête de relance
Cette réunion devait permettre d’adopter un plan d’action pour relancer une organisation fragilisée par les tensions géopolitiques, la montée du protectionnisme et les blocages récurrents liés à la règle du consensus.
L’objectif était également de poser les bases d’un futur accord sur l’agriculture, qui aurait ensuite été négocié au siège de l’OMC à Genève. Mais là encore, les divergences sont restées trop importantes.
Une déception assumée
À l’issue des discussions, la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a reconnu les difficultés rencontrées, tout en saluant les efforts déployés par les délégations. Malgré l’intensité des échanges, cette conférence ministérielle se solde donc par un constat d’échec, révélateur des fractures persistantes au sein du commerce mondial.
Notre Afrik avec AFP