Plus de 25 000 guérisons enregistrées depuis le début de l'année 2026. Dans l'est de la République Démocratique du Congo, la lutte contre la malnutrition aiguë sévère produit des résultats tangibles, au prix d'une mobilisation exceptionnelle : biologistes, pédiatres, infirmiers, agents communautaires et parents forment une chaîne humaine qui refuse d'abandonner les enfants les plus vulnérables.
Malnutrition aiguë : un diagnostic en moins de six heures grâce à la technologie
Le contexte reste pourtant alarmant. Au premier trimestre 2026, plus de 147 000 enfants ont été admis dans des structures nutritionnelles du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri. À l'échelle nationale, l'Enquête nationale de nutrition (ENN, 2023) recense plus de 11 millions d'enfants de moins de cinq ans affectés par la malnutrition — une crise aggravée par les conflits armés, les déplacements de populations, l'insécurité alimentaire et les épidémies de rougeole et de mpox.
Pour soutenir la réponse médicale, l'OMS et ses partenaires ont acheminé 6,86 tonnes d'intrants médicaux et nutritionnels — aliments thérapeutiques prêts à l'emploi, laits thérapeutiques F-75 et F-100, médicaments, vitamines, minéraux et matériel de suivi — vers 204 unités nutritionnelles thérapeutiques intensives (UNTI) réparties dans les trois provinces. À Goma, un thermocycleur Bio-Rad Opus-96 CFX, acquis avec l'appui de l'OMS et du Pandemic Fund, a réduit les délais de diagnostic de trois à cinq jours à moins de six heures. « Un enfant admis le matin à Goma peut bénéficier d'un traitement ciblé dès le soir même », témoigne la Dre Noëlla Mukanya Mulopo, biologiste médicale à l'Institut national de recherche biomédicale (INRB).
De l'hôpital à la communauté : une chaîne de solidarité qui sauve des vies
Sur le terrain, plus de 5 000 enfants ont été hospitalisés au Nord-Kivu au cours du seul premier trimestre 2026, et plus de 78 000 autres pris en charge en ambulatoire. À l'UNTI du Centre de santé de référence Carmel, à Goma, la pédiatre Dre Feza Muhemeri Gisèle et l'infirmier Justin Bikombora accueillent entre 20 et 30 enfants chaque mois. Quand les stocks de laits thérapeutiques s'épuisent, l'équipe assure la continuité des soins avec des préparations locales à base de sorgho, de soja et de maïs, conformément aux protocoles nationaux. À Karisimbi, des causeries éducatives animées par Elvis Mulamba, point focal OMS pour l'engagement communautaire, et Sœur Apolline Nsimire permettent aux parents de reconnaître les signes précoces et de réduire les abandons de suivi. Grâce à ces efforts conjoints, les taux de guérison dépassent souvent 75 %. Des défis immenses subsistent néanmoins : ces chiffres ne concernent que les enfants qui parviennent jusqu'aux structures de soins.
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Avec APO Group.