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Macky Sall renonce à l’ONU : 5 voix pour, 10 contre

Macky Sall, candidat retiré au poste de secrétaire général de l'ONU

Macky Sall a annoncé le samedi 17 octobre 2026 le retrait de sa candidature au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). La veille, lors du sixième vote indicatif du Conseil de sécurité, l’ancien président sénégalais n’aurait recueilli que 5 avis favorables contre 10 défavorables, dont 3 émanant de membres permanents, selon les résultats rapportés par le site Inner City Press et l’Agence de presse africaine. Son retrait laisse un seul candidat africain en lice, à deux mois et demi de la fin du mandat d’António Guterres, le 31 décembre 2026.

Macky Sall se retire après consultations

La déclaration a été publiée sur les comptes officiels de l’ancien chef d’État, rapportent l’Agence France-Presse et le quotidien Le Soleil. Macky Sall y indique avoir consulté le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine (UA), et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Il dit vouloir contribuer à « l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité ».

Il livre aussi sa lecture des scrutins : selon lui, les votes indicatifs traduisent une préférence pour une candidature d’Amérique latine et des Caraïbes, possiblement une femme. Il conclut par un plaidoyer pour une transformation des méthodes de travail de l’organisation, sur fond de conflits, de rivalités géopolitiques et de difficultés financières.

Les chiffres du vote du 16 octobre ne sont pas officiels. Le Conseil ne publie pas les résultats de ses votes indicatifs ; ils fuitent dans la presse spécialisée. L’attribution de trois avis défavorables à des membres permanents, et leur identité, viennent du seul Inner City Press et ne sont pas confirmées.

Une candidature portée par le Burundi, ralliée tardivement par Dakar

La trajectoire de cette candidature éclaire le poids des soutiens nationaux. Selon le centre d’analyse Security Council Report, Macky Sall a été nominé le 2 mars 2026 non par le Sénégal mais par le Burundi, par une lettre de sa mission permanente à l’ONU. Le 5 mars, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, déclarait à Sud Quotidien que le gouvernement « n’a pas été associé à cette démarche ».

Le tournant est intervenu le 20 juillet 2026, quand la présidence sénégalaise a annoncé son plein soutien, qualifiant le dossier de candidature du Sénégal au service de l’Afrique, selon l’agence KOACI. Le 24 septembre, à la tribune des Nations unies, Bassirou Diomaye Faye a demandé l’appui des États membres. Ce ralliement n’a pas suffi : nous l’écrivions dès juillet, l’obstacle n’était pas à Dakar mais à New York.

Comment se choisit un Secrétaire général

L’article 97 de la Charte des Nations unies dispose que le Secrétaire général est nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité. En pratique, la décision se joue au Conseil, composé de 15 membres, dont cinq permanents dotés d’un droit de veto : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie.

Le filtre passe par des votes indicatifs à bulletin secret, les « straw polls ». Chaque membre coche, pour chaque candidat, « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». Six tours ont eu lieu en 2026, du 30 juillet au 16 octobre, selon Security Council Report. Pour être recommandé, un candidat doit réunir au moins neuf voix favorables et aucun avis défavorable d’un membre permanent, rappelle l’Associated Press. Le tour du 16 octobre était le premier à utiliser des bulletins de couleur distinguant les votes des permanents, ce qui rend visibles les veto potentiels.

Un avis de découragement dans un vote indicatif n’est pas un veto formel. Certains comptes rendus emploient pourtant ce dernier terme. La distinction compte : elle explique la gravité du signal reçu par un candidat sans lui prêter une portée juridique que le scrutin n’avait pas.

Une course sans consensus, sous pression latino-américaine

Six candidats restent déclarés, selon Security Council Report : Rebeca Grynspan (Costa Rica), ancienne secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement ; Rafael Grossi (Argentine), directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique ; Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana) ; María Fernanda Espinosa et Ivonne A-Baki (Équateur) ; et l’Ougandais Olara Otunnu, désormais seul Africain en lice, crédité de 4 voix favorables et 10 défavorables le 16 octobre selon Capital FM.

Aucun ne passe le filtre. Rebeca Grynspan arrive en tête avec 9 voix favorables, mais 5 défavorables dont 2 de membres permanents, selon l’Associated Press. La règle de rotation régionale n’est écrite nulle part ; elle relève de l’usage. Dans une lettre du 13 octobre 2026, la Communauté des États latino-américains et caraïbes a estimé que le moment était venu pour un ressortissant de la région, qui n’a exercé la fonction qu’une fois, avec le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar (1982-1991). L’Afrique l’a occupée deux fois, avec Boutros Boutros-Ghali puis Kofi Annan.

Le verrou des cinq permanents

L’épisode confirme que le soutien régional, même celui de l’UA et du pays d’origine, ne suffit pas. Le levier décisif reste l’absence d’opposition des cinq membres permanents, qui évaluent les candidats selon leurs propres intérêts et dont les votes restent secrets. Les trois sièges africains du Conseil pèsent sur le seuil des neuf voix, mais ne peuvent lever un veto.

Le calendrier se resserre. Security Council Report souligne qu’une désignation après début octobre serait déjà la plus tardive depuis celle de Kofi Annan, le 17 décembre 1996. Des diplomates évoquent, selon l’Associated Press, l’entrée possible de nouveaux candidats. Le prochain vote indicatif n’était pas annoncé au 18 octobre 2026. Reste une question que le retrait ne règle pas : quelles exigences les États africains porteront-ils auprès des candidatures restantes, sur les méthodes de travail et l’écoute des pays en conflit ?

Sources

  • Orange Actualités / AFP, « L’ex-président sénégalais Macky Sall retire sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU », 17 octobre 2026.
  • allAfrica / Le Soleil, « Sénégal : Macky Sall retire sa candidature », 17 octobre 2026.
  • Agence de presse africaine, « ONU : Macky Sall retire sa candidature », 17 octobre 2026.
  • Security Council Report, « Sixth Security Council Straw Poll on UN Secretary-General Candidates », 15 octobre 2026.
  • Associated Press via The Spokesman-Review, « Grynspan holds lead for next UN chief », 16 octobre 2026.
  • Inner City Press, résultats du sixième vote indicatif, 16 octobre 2026 ; Capital FM, 17 octobre 2026.
  • Nations unies, Charte, articles 97 à 101 ; KOACI, 20 juillet 2026 ; Seneweb, 24 septembre 2026.

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