Il s’agit de la première réforme constitutionnelle depuis 1995. Elle reconfigure l’organisation des institutions en élargissant les prérogatives du président de la République, désormais à la fois chef de l’État et chef du gouvernement, tout en maintenant le principe d’un régime semi-présidentiel.
Le Parlement de transition de Guinée-Bissau a adopté, mardi 13 janvier 2026, une réforme de la Constitution nationale. Cette révision, la première depuis 1995, redéfinit l’architecture institutionnelle du pays en renforçant les attributions du président de la République, qui cumule désormais les fonctions de chef de l’État et de chef du gouvernement, tout en conservant le cadre d’un régime semi-présidentiel.
Une réforme validée par le Conseil national de transition
Réuni en session plénière, le Conseil national de transition a donné son accord au projet de révision constitutionnelle, trente ans après la dernière modification du texte fondamental. L’annonce a été faite par le porte-parole de l’institution lors d’une conférence de presse, soulignant la nécessité de moderniser un cadre juridique jugé inadapté aux réalités actuelles.

Selon lui, l’absence de révision durant plusieurs décennies a favorisé des dysfonctionnements institutionnels liés à des imprécisions juridiques. Cette réforme vise ainsi à corriger ces lacunes et à renforcer la stabilité de l’État.
Un préambule recentré et moins idéologique
Parmi les changements notables figure la réécriture du préambule. Les références idéologiques à caractère révolutionnaire ont été allégées, afin de faire de la Constitution un texte fédérateur. Selon les autorités, il s’agit désormais d’une loi fondamentale qui s’adresse à l’ensemble des citoyens, et non à une formation politique spécifique.
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Le texte révisé maintient le principe d’un exécutif bicéphale, mais consacre un rôle central au président de la République. Celui-ci dirige désormais l’action gouvernementale, préside le Conseil des ministres et oriente le travail du Premier ministre, placé sous son autorité. Le chef de l’État conserve par ailleurs son pouvoir de nomination et de révocation du Premier ministre, après consultation des partis représentés au Parlement.
Des contre-pouvoirs parlementaires préservés
Malgré le renforcement de l’exécutif présidentiel, le Parlement, désormais dénommé Assemblée nationale, conserve ses prérogatives essentielles. Il continue d’exercer un contrôle politique sur le gouvernement à travers les motions de censure et de confiance, l’examen du programme gouvernemental ainsi que l’audition obligatoire des membres de l’exécutif. Le Président garde toutefois la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale, conformément aux dispositions du nouveau texte.
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Pour les autorités de transition, cette révision ne constitue pas une rupture, mais plutôt une clarification des rôles. «Il ne s’agit pas de bouleverser la Constitution, mais de mieux définir les compétences de chaque acteur», a assuré le porte-parole du Conseil national de transition, mettant en avant la volonté de prévenir les conflits institutionnels récurrents.
Une Constitution héritée de l’indépendance
La Constitution bissau-guinéenne remonte à 1973, année de la proclamation de l’indépendance du pays. Elle avait déjà été amendée en 1984, 1991 puis en 1995. La réforme actuelle s’inscrit donc dans une continuité historique, tout en introduisant des ajustements majeurs sur le plan institutionnel.








