Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a désigné sans surprise Tidjane Thiam comme son candidat à la prochaine élection présidentielle, lors de sa convention nationale tenue le 16 avril.
Seul en lice, l’ancien ministre et banquier de renommée internationale s’impose comme la figure de proue du principal parti d’opposition à six mois du scrutin.

Quelque 400 bureaux de vote ont été déployés à travers le pays pour permettre à plusieurs milliers de militants responsables de sections et membres des organes décisionnaires de se prononcer. Les résultats sont attendus ce jeudi 17 avril, même si le suspense reste limité. L’enjeu de cette journée réside davantage dans le niveau de mobilisation des militants.
Un retour politique au milieu des controverses
Tidjane Thiam, absent du pays pendant plus de vingt ans pour mener une brillante carrière à la tête de grandes institutions financières telles que Prudential et Credit Suisse, revient au cœur de la vie politique nationale dans un climat tendu.

Sa candidature est plombée par une polémique autour de sa nationalité. Bien qu’il ait renoncé à la nationalité française en mars dernier pour se conformer aux exigences constitutionnelles ivoiriennes, ses détracteurs estiment que l’acquisition d’une nationalité étrangère l’aurait automatiquement privé de sa nationalité d’origine, selon l’article 48 du code de la nationalité. Le PDCI dénonce de son côté une manœuvre politique orchestrée pour l’écarter du scrutin.
Une convention stratégique sous haute tension
Vers 13 heures (heure locale), le siège du PDCI à Cocody vibrait déjà au rythme des opérations de vote. Des affiches géantes à l’effigie de Tidjane Thiam ornaient la façade, et la salle principale, décorée aux couleurs vertes du parti, accueillait un flot continu de votants. « L’élection de Tidjane Thiam comme candidat rendra plus facile le travail sur le terrain, surtout dans les localités reculées. Les gens sauront que le PDCI a un candidat », confiait Germaine Touré, secrétaire de section à Cocody.
Pour le politologue Geoffroy Kouao, malgré la stature internationale de M. Thiam, il reste encore peu connu des Ivoiriens. Le PDCI devra donc intensifier ses efforts de communication et multiplier les rencontres de proximité.
Une opposition fragilisée
La montée en puissance de la candidature Thiam intervient dans un contexte d’effervescence mais aussi de fragilité pour l’opposition. Trois figures majeures , Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro sont actuellement inéligibles en raison de condamnations judiciaires. Leurs noms sont absents de la liste électorale provisoire, dont la version définitive est attendue en juin.
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Face à ce climat, les tensions s’exacerbent. Le PDCI et le Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (PPA-CI) ont récemment suspendu leur participation à la Commission électorale indépendante (CEI), dénonçant son manque d’impartialité.
Le pouvoir contre-attaque
Cependant, du côté du pouvoir, le ton se durcit. Le RHDP, parti du président Alassane Ouattara, dénonce une opposition « en panique » et affirme rester concentré sur les échéances à venir. « Le RHDP n’entend pas se laisser distraire par tout ce vacarme orchestré par une opposition qui, en réalité, a peur des élections », a lancé le porte-parole du parti, Kobenan Kouassi Adjoumani.
Pour Geoffroy Kouao, la situation actuelle annonce une campagne difficile , « On assiste à une escalade verbale entre les acteurs politiques. » Parmi les autres candidats déjà déclarés figurent Pascal Affi N’Guessan et Simone Ehivet Gbagbo, deux personnalités expérimentées mais confrontées, elles aussi, à un paysage politique en recomposition.
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Reste l’inconnue majeure : la décision d’Alassane Ouattara, 83 ans, sur une éventuelle candidature pour un quatrième mandat. S’il a déclaré en janvier vouloir continuer à « servir son pays », aucune annonce officielle n’a encore été faite.
Notre Afrik avec Afp








