Le cyberactiviste ivoirien Ibrahim Zigui, connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir sur les réseaux sociaux, a été condamné à cinq ans de prison par la justice ivoirienne.
Suivi par près de 600 000 abonnés sur TikTok et 250 000 sur Facebook, il est considéré comme un sympathisant du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de l’ancien président Laurent Gbagbo.
Une lourde condamnation judiciaire
En plus de sa peine de prison, Ibrahim Zigui a été condamné à une amende de 20 millions de francs CFA, soit environ 30 000 euros, selon son avocat Ange Rodrigue Dadje. Le cyberactiviste publiait régulièrement des vidéos critiques à l’égard des autorités ivoiriennes sur les réseaux sociaux.
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Son arrestation remonte à septembre 2025, à quelques semaines d’une élection présidentielle particulièrement tendue marquée par l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo, ainsi que par des violences et plusieurs décès.
Sa famille et son ancien avocat avaient alors dénoncé un «enlèvement» avant son transfert au pôle pénitentiaire d’Abidjan.
Des tensions politiques autour de la présidentielle
Fin août 2025, Ibrahim Zigui avait appelé les Ivoiriens à se vêtir du maillot de l’équipe nationale et à se rassembler dans des lieux publics lors de la publication de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle.
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Durant cette période électorale, plusieurs dizaines de militants et responsables de partis d’opposition avaient été arrêtés ou emprisonnés. Des centaines d’autres personnes accusées d’avoir participé à des manifestations interdites avaient également été condamnées, notamment pour «troubles à l’ordre public».
Les autorités ivoiriennes affirment pour leur part que toutes les arrestations effectuées ont respecté les procédures judiciaires en vigueur.
Laurent Gbagbo et Amnesty dénoncent la situation
Samedi dernier, Laurent Gbagbo est revenu sur le cas des opposants emprisonnés lors d’un discours devant ses partisans. L’ancien président ivoirien a notamment évoqué la situation d’Ibrahim Zigui, s’interrogeant sur les accusations retenues contre lui.
«Va-t-il faire un coup d’État avec les réseaux sociaux ?», a lancé Laurent Gbagbo devant ses militants. De son côté, l’ONG Amnesty International avait appelé début mars à la libération des opposants détenus et dénoncé des arrestations jugées «sans fondement».
Les autorités ivoiriennes rejettent ces accusations et soutiennent qu’il n’existe aucun prisonnier d’opinion dans le pays.
Notre Afrik avec AFP