Le long-métrage Namaste Wahala (Bonjour les ennuis), conçu comme un pont culturel entre l’Inde et le Nigeria, donne aujourd’hui naissance à un nouveau projet intitulé Namaste Wahala 2.0, qui mêlera références contemporaines et clins d’œil aux années 1990.
Il y a cinq ans, la réalisatrice indo-nigériane Hamisha Daryani Ahuja faisait le pari audacieux de rapprocher les deux plus grandes industries cinématographiques du monde en volume de production. Son premier long-métrage, Namaste Wahala (Bonjour les ennuis), se voulait un pont culturel entre Bollywood et Nollywood, deux univers créatifs longtemps restés parallèles.
Un second projet aux sonorités afrobeat
Forte du succès de ce premier film, la cinéaste travaille aujourd’hui sur un nouveau projet, sans que ce soit une suite directe. Baptisé Namaste Wahala 2.0, ce long-métrage en préparation mêlera références contemporaines et clins d’œil aux années 1990, le tout porté par une bande-son largement inspirée de l’afrobeat nigérian, l’un des courants musicaux les plus dynamiques de la scène mondiale.
Née à Bombay et élevée à Lagos, Hamisha Daryani Ahuja incarne elle-même le lien entre l’Inde et le Nigeria. «Nollywood a grandi avec Bollywood», observe-t-elle, rappelant l’immense popularité des films indiens auprès du public nigérian. Pour la réalisatrice, il était donc naturel de s’interroger : pourquoi ces deux industries si proches dans l’esprit des spectateurs collaborent-elles si peu ?

Un succès international sur Netflix
Sorti sur Netflix en pleine pandémie de covid-19, Namaste Wahala a rencontré un écho mondial inattendu. Le film a marqué le début d’un dialogue cinématographique inédit entre l’Afrique et l’Asie. Symbole de cette reconnaissance, le Premier ministre indien Narendra Modi avait cité l’œuvre lors de sa visite officielle au Nigeria à la fin de l’année 2024.
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Une romance interculturelle à Lagos
Tourné dans la capitale économique nigériane, le film raconte l’histoire d’un banquier d’investissement indien tombant amoureux d’une avocate nigériane. Au-delà de la romance, le scénario explore les résistances culturelles et familiales auxquelles le couple est confronté. Les dialogues naviguent librement entre l’anglais, le pidgin nigérian et l’hindi, reflétant la richesse linguistique des deux pays.
Une créativité assumée et spontanée
«Je me suis lancée sans trop réfléchir», confie la réalisatrice, aujourd’hui installée à Lagos avec sa famille. Ce mélange des genres et des langues illustre, selon elle, la réalité de deux sociétés qui partagent bien plus qu’on ne l’imagine.
Deux géants culturels aux liens profonds
L’Inde et le Nigeria forment ensemble l’une des plus grandes diasporas mondiales. Nollywood, classée deuxième industrie cinématographique en nombre de productions annuelles, n’est devancée que par Bollywood. Un rapprochement entre ces deux pôles culturels apparaît donc, pour beaucoup, comme une évidence.
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De nouveaux projets ancrés dans le métissage
Depuis Namaste Wahala, Hamisha Daryani Ahuja a poursuivi sa collaboration avec Netflix à travers la série Postcards. Elle s’apprête également à dévoiler Simi and Friends, un film d’animation mettant en scène une fillette née d’un père nigérian et d’une mère indienne. Une œuvre qu’elle décrit comme «légère et amusante», mais profondément enracinée dans le métissage culturel.
Des cultures qui se reconnaissent
Pour la réalisatrice, si les films indiens ont trouvé un écho si fort au Nigeria, c’est en raison de valeurs communes. «Nos cultures se ressemblent énormément», explique-t-elle, évoquant l’importance des traditions familiales et d’un certain conservatisme culturel, plus proches de l’univers de Bollywood que de celui d’Hollywood. Une proximité qui, selon elle, explique l’attachement durable du public nigérian au cinéma indien.
Notre Afrik avec AFP








