La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné un journaliste à 60 mois de prison ferme dans le cadre de l’affaire du coup d’État déjoué contre le président Patrice Talon. Le verdict, rendu mardi 24 mars 2026, a suscité une vive émotion chez le prévenu, qui a réagi en se tenant la tête entre les mains à l’énoncé de la sentence.
des publications controversées
Le professionnel des médias était poursuivi pour «apologie du crime contre la sûreté de l’État, incitation à la rébellion et incitation à la violence». Il lui est reproché d’avoir diffusé des contenus annonçant la prise de pouvoir par des militaires lors de la tentative de putsch.
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Selon la juridiction spéciale, ces publications auraient contribué à soutenir les auteurs présumés de la tentative de déstabilisation de l’ordre constitutionnel. En plus de la peine de prison, le journaliste a été condamné à une amende de 10 millions de FCFA.
Une défense fondée sur la peur
Exerçant dans un média basé à Porto-Novo, le journaliste a expliqué devant la Cour avoir publié ces informations sous la contrainte. Il affirme avoir été menacé deux jours avant les faits par un individu inconnu. Selon son témoignage, l’homme l’aurait interpellé dans une station-service avant de lui lancer : «si on devait nettoyer le pays, c’est par moi qu’on allait commencer». Une menace qu’il n’avait pas prise au sérieux sur le moment, mais qui l’a profondément marqué.
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Le jour du putsch manqué
Le dimanche 7 décembre 2025, en découvrant à la télévision nationale la déclaration des militaires annonçant une prise de pouvoir, le journaliste affirme avoir repensé à cette menace. Craignant pour sa sécurité et celle de sa famille, il dit avoir publié une première information relayant ce message.
Quelques heures plus tard, il a également diffusé une seconde publication reprenant la réaction du ministre de l’Intérieur. «Si mon intention était de soutenir les putschistes, je n’aurais pas publié cette deuxième information», a-t-il plaidé. Malgré ses explications, la Cour a retenu sa culpabilité. Le journaliste dispose désormais d’un délai de 15 jours pour interjeter appel de cette décision.