Beac : l’UMAC annule le recrutement de 2022

Cette décision intervient à la suite de l’analyse du rapport d’audit réalisé par le cabinet RSM France, mandaté après l’adoption de la résolution nᵒ 08 du 6 octobre 2023, laquelle avait suspendu le processus de recrutement.

Réuni en session ordinaire le 12 juillet 2025 à Malabo (Guinée équatoriale), le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) a décidé d’annuler le concours de recrutement des agents d’encadrement supérieur (AES) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), initialement lancé en 2022. La décision fait suite à l’examen du rapport d’audit mené par le cabinet RSM France, mandaté après la résolution nᵒ 08 du 6 octobre 2023 qui avait suspendu le processus. L’évaluation indépendante visait à faire la lumière sur les irrégularités signalées autour du concours.

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Des désaccords entre dirigeants

Des désaccords avaient émergé entre le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli, et le président du Comité ministériel de l’UMAC, Hervé Ndoba, à propos de ce processus de recrutement. Dans une lettre adressée au Gouverneur le 1ᵉʳ août 2022, Hervé Ndoba tirait la sonnette d’alarme, évoquant des « incidents majeurs » entachant la transparence du processus. Selon lui, plusieurs sources concordantes faisaient état d’irrégularités susceptibles de nuire sérieusement à l’image et à la réputation de la Beac.

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Le président du Comité ministériel soulignait que les premiers résultats du concours mettaient en lumière des cas douteux, remettant en question la crédibilité de l’institution. En tant que président de deux organes décisionnels de la Cemac, il estimait indispensable d’agir pour préserver l’intégrité de la banque.

Le Gouverneur défend ses prérogatives

En réponse, Abbas Mahamat Tolli avait rappelé que les textes de la Beac lui confèrent la pleine autorité en matière de recrutement des AES. Citant l’article 1.4 du statut, il affirmait que cette compétence ne relève pas du conseil d’administration. En s’appuyant sur l’article 47, il soutenait qu’aucun autre organe ne peut interférer dans les attributions du Gouvernement de la Banque, qu’il exerce selon lui dans un esprit de transparence et de service à l’institution.

Des soupçons de favoritisme

Le concours, lancé en décembre 2021, avait vu ses épreuves écrites se dérouler le 28 mai 2022 dans les six pays de la zone Cemac ainsi qu’à Paris. Cependant, selon certaines sources, des pratiques népotistes auraient entaché le processus. 13 des 30 candidats retenus seraient issus de la famille du Gouverneur. Face à cette polémique, le président du Comité ministériel de l’UMAC avait demandé la suspension du recrutement, en attendant une évaluation complète. Celle-ci devait être conduite conjointement par le Conseil d’administration de la Beac et le Comité ministériel, lors de sessions extraordinaires convoquées par Abbas Mahamat Tolli.

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Soucieuse de protéger l’intégrité et l’image de l’Institut d’émission, l’UMAC a donc opté ce mois de juillet 2025 pour une annulation pure et simple du concours. Le Comité ministériel, présidé par Ivan Bacale Ebe Molina, ministre des Finances de Guinée équatoriale, a appelé la direction de la Beac à organiser un nouveau concours dans les meilleurs délais, en garantissant une transparence totale.

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