Jeudi 5 février, les gouvernements de ces deux pays, avec l’appui des organisations humanitaires, ont initié de vastes appels à la mobilisation financière pour faire face aux besoins pressants de millions de personnes en situation de vulnérabilité.
Les besoins humanitaires en République centrafricaine (RCA) et au Tchad dépassent désormais le milliard de dollars. Cette situation est due aux conflits armés persistants, aux déplacements massifs de populations, aux épidémies récurrentes et aux impacts croissants du changement climatique qui continuent de fragiliser ces deux pays.
Jeudi, les autorités de la RCA et du Tchad, en collaboration avec leurs partenaires humanitaires, ont lancé d’importants appels de fonds afin de répondre aux besoins urgents de millions de personnes vulnérables. Le montant global requis est estimé à environ 1,3 milliard de dollars.

En RCA, plus d’un tiers de la population dépend de l’aide humanitaire
En République centrafricaine, le Plan de réponse humanitaire pour 2026 prévoit un budget de 264,1 millions de dollars. Ces fonds doivent permettre d’assister environ 1,3 million de personnes parmi les plus vulnérables. Cependant, les besoins réels demeurent bien plus larges. L’aide humanitaire reste indispensable pour près de 2,3 millions de personnes, soit environ 35 % de la population du pays. Les autorités et les organisations humanitaires insistent sur l’urgence de la mobilisation internationale. «Nous appelons la communauté internationale à renouveler son engagement envers les populations centrafricaines. « La solidarité internationale, aujourd’hui plus que jamais, ne peut pas attendre», a déclaré Mohamed Ag Ayoya, coordonnateur humanitaire pour la RCA.
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La situation humanitaire en RCA est aggravée par d’importants mouvements de populations. L’arrivée de réfugiés soudanais, combinée au retour de réfugiés centrafricains, exerce une forte pression sur les services sociaux de base. Les secteurs de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, de la sécurité alimentaire et de la santé figurent parmi les plus touchés. Dans plusieurs régions, les capacités locales peinent à répondre à l’augmentation rapide des besoins.
Des financements en baisse malgré des besoins croissants
Dans un contexte international marqué par la diminution des ressources disponibles, les acteurs humanitaires ont dû revoir leurs stratégies. Les interventions sont désormais fortement priorisées, avec un recentrage sur les zones où les besoins vitaux sont les plus critiques. Le budget demandé pour 2026 représente ainsi le niveau de financement le plus bas enregistré au cours des sept dernières années, malgré l’ampleur des besoins. En 2025, seuls 116,9 millions de dollars avaient été mobilisés, soit 36 % des fonds requis, permettant d’apporter une aide minimale à 887 000 personnes, environ la moitié de la population ciblée.
Au Tchad, une crise humanitaire d’ampleur régionale
Au Tchad, un plan de réponse humanitaire de 986 millions de dollars a été lancé le même jour à N’Djamena. Il vise à assister 3,4 millions de personnes, dont une proportion importante de réfugiés. Sur ce montant, 540 millions de dollars sont spécifiquement destinés aux actions en faveur des réfugiés. Le pays fait face à l’une des crises humanitaires les plus complexes de la région du Sahel, alimentée par les conflits régionaux, les déplacements forcés, les effets du changement climatique, l’insécurité alimentaire, la malnutrition et les épidémies.
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Le Tchad accueille actuellement plus de 1,5 million de réfugiés, en plus de centaines de milliers de déplacés internes et de rapatriés. Selon les Nations unies, les efforts humanitaires seront concentrés sur les zones les plus affectées, notamment l’est du pays, la province du Lac et certaines régions du sud.
La République centrafricaine et le Tchad figurent parmi les pays les plus vulnérables d’Afrique centrale et du Sahel. L’instabilité sécuritaire régionale, conjuguée aux effets du changement climatique et à la pression démographique liée aux déplacements forcés, continue d’aggraver les besoins humanitaires, alors même que les financements disponibles se raréfient. Sans un engagement accru de la communauté internationale, préviennent les acteurs humanitaires, des millions de personnes pourraient se retrouver sans assistance vitale dans les mois à venir.








