Rebranding Africa Forum 2026 23 & 24 octobre 2026 · Bruxelles « Systèmes de santé en Afrique :
Innover pour soigner,
Soigner pour développer. »
Réserver ma place

Anciennes pièces BEAC : échange jusqu’au 31 octobre 2027

Vendeurs et clients au marché du Mfoundi à Yaoundé, où circulent les anciennes pièces BEAC

À partir du 1er novembre 2026, les anciennes pièces BEAC, mises en circulation entre 1958 et 1985, ne seront plus une monnaie légale dans les six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Leurs détenteurs auront jusqu’au 31 octobre 2027 pour les échanger. Annoncée le 12 octobre dans notre article sur les cinq anciennes gammes retirées le 1er novembre, la mesure a désormais un calendrier officiel. À Yaoundé, elle provoque déjà des refus de paiement, y compris pour des pièces qui restent valables.

Anciennes pièces BEAC : le calendrier officiel de l’échange

Le calendrier figure dans une note d’information de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), datée du 8 octobre 2026 à Yaoundé et signée par le gouverneur, Yvon Sana Bangui. Elle applique une résolution du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), adoptée le 7 octobre 2026 à N’Djamena. Elle vaut au Cameroun, en Centrafrique, au Congo, au Gabon, en Guinée équatoriale et au Tchad.

  • Jusqu’au 31 octobre 2026 inclus, les anciennes pièces gardent leur cours légal.
  • Du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, soit neuf mois, on peut les échanger aux guichets des banques, des établissements de microfinance et de la BEAC.
  • Du 1er août au 31 octobre 2027, soit trois mois, l’échange se fait exclusivement aux guichets de la BEAC.
  • À partir du 1er novembre 2027, plus aucun guichet ne les échange.

Les pièces sont échangées contre des pièces des gammes 2006 ou 2024. La note ne fixe ni frais ni plafond : elle précise que « les modalités d’échange » seront définies par chaque banque, chaque établissement de microfinance et la BEAC. Investir au Cameroun écrit, le 16 octobre 2026, que l’échange est gratuit, mais le texte de la BEAC ne le dit pas. Avant de se déplacer, mieux vaut donc demander les conditions à son agence.

Quelles pièces perdent leur valeur, lesquelles restent valables

La mesure vise des années d’émission, pas des valeurs faciales. Les visuels joints à la note de la BEAC montrent des pièces anciennes de 1, 5, 10, 25, 50, 100 et 500 francs CFA. Selon Investir au Cameroun, elles appartiennent à cinq gammes, émises en 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985.

Une pièce de 100 ou de 500 francs n’est donc pas condamnée par sa valeur. Celles des gammes 2006 et 2024 « conservent leur cours légal » et « devront, à ce titre, être acceptées dans les transactions de toute nature », rappelle le gouverneur. La gamme 2024, introduite en avril 2025 avec neuf pièces, compte notamment une pièce de 200 francs inédite.

Des refus en série avant même l’échéance

Sur le terrain, cette distinction passe mal. Le 19 octobre 2026, le site 237online rapporte plusieurs refus à Yaoundé. Dans un snack-bar de Mbalia II, une pièce de 500 francs a été refusée pour payer une bière. Un chauffeur de taxi a refusé une pièce de 500 francs pour une course de 200 francs.

Dans un supermarché d’Ekié, une caissière a écarté une pièce de 500 francs, et la cliente a dû payer sa bouteille d’eau avec un billet de 1 000 francs. Une ménagère dit ne plus savoir que faire d’un seau de 15 litres rempli de pièces de 100 francs. Selon 237online, l’information a surtout circulé par WhatsApp, beaucoup moins sur les marchés et aux arrêts de taxi, là où l’on paie en pièces.

Le 23 octobre 2026, le correspondant de Le360 Afrique à Yaoundé décrit la même confusion. Beaucoup de commerçants croient que le 1er novembre 2026 est la date limite de l’échange, alors que c’est seulement la fin du cours légal. Au marché d’Elig-Edzoa, une revendeuse de tomates dit courir « le risque de perdre » son argent. Dans le quartier d’Emana, une tenancière de cabine téléphonique affirme que son bénéfice journalier est passé d’environ 30 000 à 15 000 francs CFA depuis l’annonce, un chiffre que NotreAfrik n’a pas pu vérifier.

Qui paie le prix de la confusion

Le coût retombe sur ceux qui encaissent des pièces toute la journée : vendeuses de marché, chauffeurs, cabines téléphoniques, petites boutiques. Le vendeur qui refuse une pièce perd une vente. Celui qui l’accepte prend le risque que son fournisseur la refuse à son tour.

Les entreprises structurées peuvent déposer leur monnaie à la banque et obtenir une réponse claire. Le vendeur de rue, lui, peut difficilement perdre une demi-journée pour faire vérifier quelques pièces. Après le 31 juillet 2027, l’échange ne se fera plus qu’aux guichets de la BEAC, implantés dans les grandes villes : pour un détenteur rural, le trajet pourrait coûter plus que les pièces à échanger. Aucune source consultée ne chiffre ce coût, ni le stock d’anciennes pièces encore en circulation.

Cette confusion s’ajoute à une pénurie ancienne de petite monnaie. Le 5 novembre 2025, Le360 Afrique citait une vendeuse du marché Mokolo, à Yaoundé, qui devait payer 50 francs pour obtenir de la monnaie sur un billet de 1 000 francs, soit 5 %, et 200 francs pour un billet de 10 000 francs. Chaque pièce refusée renchérit encore ce marché parallèle.

Le mobile money, une issue encore incomplète

Le paiement par téléphone pourrait servir de solution de repli. Selon le rapport 2024 de la BEAC sur les paiements, cité par EcoMatin le 28 avril 2026, le Cameroun a enregistré 2,7 milliards de transactions de mobile money en 2024, pour 26 773 milliards de francs CFA, soit 76,9 % de la valeur échangée dans la CEMAC, sur près de 31 millions de comptes. Mais rien dans ces chiffres ne montre un usage courant pour un tas de tomates à 100 francs ou une course de taxi à 200 francs. À ce niveau, la pièce reste difficile à remplacer.

La BEAC a fixé des dates claires sur le papier. Reste à les faire connaître là où se font les paiements en pièces : marchés, gares routières, radios de proximité, dans les langues des usagers. Sans cet effort, l’opération sera payée au comptoir par les plus petits commerçants, bien avant l’ouverture du premier guichet d’échange.

Abonnez vous à notre newsletter

Articles similaires

Get the app