Un accord électoral en Libye a été arraché le 30 août à Tripoli après quatre mois de négociations — mais il vacille déjà. Le Conseil supérieur d'État l'a rejeté le 5 octobre, contestant les procédures suivies, tandis que les divisions politiques continuent de coûter au pays entre 2,4 et 4,4 milliards de dollars par an en détournements de carburant seuls.

Accord électoral en Libye : ce que le texte du 30 août prévoit concrètement
L'accord, conclu dans le cadre du processus facilité par l'ONU, prévoit la recomposition du conseil d'administration de la Haute Commission électorale nationale, le règlement des différends constitutionnels et juridiques de longue date, et ouvre une voie vers des élections législatives et présidentielle sous une autorité exécutive unifiée dans un délai de 24 mois. Il bénéficie du soutien du Gouvernement d'unité nationale, de l'Armée nationale libyenne et de la Chambre des représentants.
Hanna S. Tetteh, Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour la Libye et cheffe de la MANUL, a averti sans détour : « La Libye ne peut pas se permettre de laisser des acteurs obstructionnistes entraver le processus. » Elle a néanmoins indiqué que certains membres du Conseil supérieur d'État restaient disposés à poursuivre les discussions, et que la MANUL envisage le recours à un mécanisme national plus largement représentatif.
Le coût humain et économique des divisions est documenté chiffre par chiffre dans le dernier rapport de l'ONU. Entre janvier et septembre 2026, les importations de carburant ont atteint 8,15 millions de tonnes pour 8,9 milliards de dollars — dont 30 à 50 % détournés vers des circuits de contrebande. En septembre, des perturbations des installations pétrolières ont en outre provoqué des pertes de production estimées à un million de barils, soit environ 100 millions de dollars. Pendant ce temps, l'inflation dépasse 14 %, les prix alimentaires ont bondi de 3,8 % en août, et le dinar s'affaiblit, frappant en priorité les populations de l'ouest et du sud.
Sur le plan sécuritaire, des signes de coopération émergent entre forces de l'est et de l'ouest : des responsables militaires ont discuté de la réunification des secteurs maritime, aérien et de la défense aérienne, et des centres conjoints d'échange d'informations doivent être opérationnalisés à Benghazi et à Tripoli. Mais Mme Tetteh a appelé à la vigilance face aux violations des droits humains et aux discours de haine visant migrants, réfugiés et personnel humanitaire. Elle a notamment demandé la suspension des exécutions après la mise à mort de 58 personnes condamnées pour des infractions liées au terrorisme à Benghazi au cours des deux derniers mois.
Le prix des divisions : contrebande, inflation et puits de pétrole à l'arrêt
« La voie vers une Libye stable, unifiée et prospère reste longue, mais notre destination demeure à portée de main », a conclu l'émissaire de l'ONU, appelant le Conseil de sécurité et la communauté internationale à soutenir le processus politique — et à demander des comptes à ceux qui cherchent à le faire dérailler.
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Avec APO Group.








