La crise RD Congo atteint un niveau alarmant : plus de 6 millions de personnes déplacées, 26 millions confrontées à l'insécurité alimentaire aiguë, et 3 699 décès liés à la résurgence d'Ebola au 19 septembre. Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, mardi, l'envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, Huang Xia, a livré un constat brutal : les accords de paix s'accumulent, mais les combats ne s'arrêtent pas.

La crise RD Congo en chiffres : 2 186 violations, 6 millions de déplacés
Jamais les initiatives diplomatiques n'ont été aussi nombreuses autour de l'est du Congo. À Washington, les États-Unis parrainent un processus de paix entre Kinshasa et Kigali. À Doha, le Qatar facilite des négociations entre le gouvernement congolais et l'Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). L'Union africaine, de son côté, tente de coordonner ces efforts et de rétablir la confiance entre les capitales de la région. Un protocole de désarmement a même été conclu entre les autorités congolaises et des représentants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Pourtant, « un véritable cessez-le-feu peine à se concrétiser », a déploré Huang Xia.
Sur le terrain, la violence continue de frapper en premier lieu les civils. Au Sud-Kivu, les combats se sont intensifiés dans les territoires de Mwenga et de Fizi, avec un recours croissant aux drones armés, à l'artillerie lourde et aux explosifs dans des zones habitées. Au Nord-Kivu, des affrontements ont été signalés à Masisi, Lubero et Walikale. Entre le 16 mars et le 15 septembre, l'ONU a recensé 2 186 violations et atteintes aux droits humains imputées aux groupes armés — soit 70 % du total documenté —, l'AFC/M23 étant seul responsable de la moitié de ces exactions. Les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l'organisation État islamique, ont été impliquées dans 211 incidents ayant fait 468 victimes civiles. Les FDLR sont quant à elles responsables de 94 incidents et de la mort de 40 civils. Les forces de sécurité congolaises elles-mêmes se voient attribuer 891 violations.
Les minerais, carburant d'une guerre que la diplomatie n'éteint pas
Au-delà des chiffres humanitaires, le rapport de l'ONU pointe les ressorts économiques qui alimentent le conflit : l'exploitation et le trafic illégaux de minerais continuent de financer les groupes armés et d'entretenir les rivalités régionales. Huang Xia a plaidé pour une meilleure traçabilité des chaînes d'approvisionnement. Il a également averti que la méfiance persistante entre Kinshasa et Kigali — mais aussi entre le Rwanda et le Burundi — fait peser le risque d'une confrontation régionale à partir d'un simple incident frontalier. « Pareille fenêtre ne reste pas ouverte indéfiniment », a-t-il déclaré, appelant les parties à bâtir « la confiance par les actes plutôt que par les déclarations ».
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Avec APO Group.








