Rebranding Africa Forum 2026 23 & 24 octobre 2026 · Bruxelles « Systèmes de santé en Afrique :
Innover pour soigner,
Soigner pour développer. »
Réserver ma place

Naufrage Prospector 5 au Gabon : 115 à bord, enquête promise

Plateforme de forage autoélévatrice dressée sur ses trois jambes en mer, du même type que celle du naufrage Prospector 5 (photo d'illustration prise en Louisiane)

Le naufrage du Prospector 5, une plateforme de forage autoélévatrice qui a sombré le 24 octobre 2026 vers 20 h 37 au large de Mayumba avec 115 personnes à bord, laissait encore cinq personnes portées disparues selon les autorités gabonaises et les entreprises concernées au 26 octobre. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema promet de rendre publiques les conclusions de l’enquête. Le précédent de la plateforme Becuna, en 2024, montre ce que cette promesse engage.

Ce que disent les sources officielles du naufrage Prospector 5

Selon le communiqué réglementaire de BW Energy publié le 25 octobre 2026, la plateforme a perdu sa stabilité puis a coulé pendant des opérations d’élévation, avant une campagne de forage prévue sur le permis Dussafu Marin. Le Prospector 5 appartient à Borr Drilling, qui l’exploite comme prestataire de forage de BW Energy, opérateur du permis.

Le bilan reste provisoire. Le ministère du Pétrole et du Gaz, dans son communiqué du 25 octobre, BW Energy le même jour et Borr Drilling dans sa mise à jour du 26 octobre font état de 115 personnes à bord, 110 en sécurité et cinq disparues. Aucun de ces trois communiqués ne mentionne de décès, et aucune nouvelle communication officielle sur les disparus n’avait été trouvée le 27 octobre. Selon le porte-parole du gouvernement, les disparus sont trois Gabonais et deux expatriés ; NotreAfrik ne publie pas leurs noms.

L’agence Reuters a rapporté le 25 octobre un bilan différent. Le secrétaire général de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP), Sylvain Mayabi Binet, lui a déclaré que l’une des cinq personnes disparues, un ressortissant indien, avait été retrouvée morte. Cette information n’était confirmée ni par le gouvernement ni par les entreprises dans les communiqués consultés le 27 octobre.

Une cause avancée, aucune responsabilité établie

Dans son communiqué du 25 octobre, cité aussi par Reuters, Borr Drilling indique que des « informations préliminaires » font état d’un « punch-through » pendant le préchargement : l’enfoncement brutal d’une jambe de la plateforme dans le fond marin. Le ministère décrit le même mécanisme, « un affaissement du sol marin sous l’un des appuis de la structure ». Ces deux explications sont présentées par leurs auteurs comme provisoires.

Selon le ministère, « une enquête officielle est d’ores et déjà en cours ». Le ministère assigne à l’enquête d’établir « les circonstances exactes, les causes techniques et les responsabilités éventuelles ». Borr Drilling dit vouloir, avec ses partenaires et les autorités, qu’une enquête « robuste » soit menée.

Aucun des communiqués officiels consultés au 26 octobre n’impute de faute ; le ministère précise que l’enquête doit établir les « responsabilités éventuelles ».

L’État demande une coopération totale

Dans un message publié sur sa page Facebook, rapporté le 25 octobre par Gabonreview, le chef de l’État affirme que « les Gabonais ont le droit de savoir ce qui s’est passé » et que les conclusions de l’enquête « seront rendues publiques ». Il dit avoir rappelé que « l’État attend de l’opérateur une coopération totale, sur les recherches comme sur l’enquête ». Il dit vouloir porter une exigence de sécurité auprès de chaque opérateur présent dans les eaux gabonaises : « Ceux qui travaillent en mer pour notre pays doivent pouvoir le faire en sécurité. »

Selon Offshore Technology, une cellule de crise réunit le ministère, la Marine nationale, Gabon Oil Company (GOC, la compagnie pétrolière nationale), BW Energy et Borr Drilling. La Marine nationale conduit les recherches.

Dussafu : la production de MaBoMo arrêtée

BW Energy indique que la production de sa plateforme MaBoMo a été arrêtée, selon la procédure standard appliquée pendant les préparatifs de forage. L’entreprise et le ministère ne signalent, à ce stade, aucun dommage aux installations de production ni aucun rejet de substances nocives en mer depuis ces installations. Le ministère dit veiller à prévenir tout risque de pollution, notamment pour le parc national de Mayumba.

Selon BW Energy, le permis Dussafu est détenu à 73,5 % par BW Energy Gabon, à 17,5 % par Panoro Energy et à 9 % par GOC. Il a produit en moyenne environ 33 200 barils par jour en 2025. MaBoMo est reliée par un oléoduc de 20 kilomètres à l’unité flottante de production BW Adolo. L’entreprise n’a pas précisé quelle part de la production est arrêtée, ni quand elle reprendra.

Selon sa mise à jour opérationnelle d’octobre, la production nette de BW Energy à Dussafu avait déjà reculé à 16 800 barils par jour au troisième trimestre 2026, affectée par une panne de pompe immergée. Le groupe publie ses résultats le 29 octobre 2026. L’effet éventuel de l’arrêt sur les recettes de l’État, dont les finances restent sous pression comme le montre l’audit de la dette exigé par le Fonds monétaire international, n’a pas été chiffré.

Becuna, le précédent qui éclaire la promesse

Le Gabon a déjà connu un drame offshore récent. En mars 2024, l’incendie de la plateforme Becuna, exploitée par Perenco au large de Port-Gentil, a fait six morts selon le bilan officiel. L’enquête a été conduite par la Direction générale des hydrocarbures (DGH) avec le parquet de Port-Gentil.

Ses conclusions n’ont pas fait l’objet d’une publication intégrale retrouvée dans les contenus examinés. Elles ont été résumées devant les députés le 27 juin 2025 par le ministre du Pétrole et du Gaz de l’époque, Sosthène Nguema Nguema, en réponse à une question orale, selon le compte rendu de Gabonreview. Il avait évoqué des « recommandations impératives » adressées à l’exploitant et à l’ensemble des opérateurs, ainsi que des inspections et des audits réguliers. En mai 2024, le Conseil des ministres avait aussi validé la création d’une unité spéciale chargée de la sécurité des infrastructures pétrolières.

Si elle est tenue, la promesse de publier les conclusions irait plus loin que le compte rendu oral fait devant les députés pour Becuna. Reste à savoir sous quelle forme, dans quel délai, et si les recommandations seront opposables à tous les opérateurs. Libreville veut attirer l’exploration dans ses eaux, comme l’illustre le partenariat signé avec TGS sur ses données sismiques : la crédibilité du contrôle de sécurité offshore fait partie de l’équation.

Abonnez vous à notre newsletter

Articles similaires

Get the app