Rebranding Africa Forum 2026 23 & 24 octobre 2026 · Bruxelles « Systèmes de santé en Afrique :
Innover pour soigner,
Soigner pour développer. »
Réserver ma place

Stablecoins : 30 marchés africains visés par Velocity

Enseignes de paiement mobile au Cameroun, circuits locaux que les stablecoins de Velocity et CrissCross veulent rejoindre

Les stablecoins veulent entrer dans les circuits de paiement africains. La fintech londonienne Velocity et la société de paiements CrissCross ont annoncé le 8 octobre 2026 un partenariat reliant ces cryptomonnaies adossées au dollar aux monnaies locales du continent. Velocity affirme étendre ainsi son réseau à plus de 30 marchés africains, selon le communiqué publié sur Business Wire.

Un stablecoin est un jeton numérique dont la valeur est liée à une monnaie classique, le plus souvent le dollar. Il peut servir de relais rapide entre deux devises, en contournant les banques correspondantes, à condition que quelqu’un le convertisse ensuite en monnaie locale sur le compte du bénéficiaire.

Stablecoins : une offre pour les trésoreries d’entreprise

Les deux partenaires sont complémentaires. Fondée en 2025 à Londres, Velocity propose aux directions financières d’acheminer leurs paiements internationaux à la fois par les réseaux bancaires et par la blockchain, avec un règlement instantané. Elle a levé 38 millions de dollars en juillet 2026, notamment auprès de FirstMark, Dragonfly, Coinbase Ventures et Ripple. CrissCross apporte les infrastructures de paiement et de trésorerie locales sur le continent.

L’offre vise les entreprises : payer des salariés et des fournisseurs, encaisser des recettes, alimenter une filiale. Les documents publiés ne présentent pas ce partenariat comme un service de transfert d’argent pour les particuliers ou les familles de la diaspora.

Le coût complet reste à prouver

Aucun chiffre ne permet encore de mesurer l’économie promise. La Banque des règlements internationaux (BRI) relève dans son rapport annuel 2026 que les performances des stablecoins pour les paiements transfrontaliers deviennent inégales une fois intégrés les frais, les écarts de change et les coûts d’entrée et de sortie. Pour une entreprise, ce qui compte est la somme réellement créditée chez le fournisseur, et le délai pour l’obtenir.

Les partenariats se multiplient pourtant : Visa et Yellow Card, Paga et Crossmint, Onafriq et Conduit. L’Afrique subsaharienne figure parmi les régions où l’usage des stablecoins progresse le plus vite, porté par l’instabilité de certaines monnaies et le coût des transferts.

Le défi réglementaire

Reste la question des autorisations. CrissCross se déclare enregistrée au Canada comme entreprise de services monétaires ; les agréments dans chaque pays africain desservi ne sont pas détaillés. La plupart des banques centrales du continent n’ont pas encore de cadre clair pour les stablecoins, et la BRI souligne le risque de dépendance à une monnaie étrangère lorsque ces jetons se diffusent.

Le vrai test sera concret : la liste des pays réellement ouverts, des monnaies disponibles, et des tarifs publiés. C’est sur le compte du fournisseur, pas dans le communiqué, que se jugera ce partenariat.

Sources

  • Velocity et CrissCross, communiqué du 8 octobre 2026 ; CrissCross, présentation du partenariat.
  • Banque des règlements internationaux, rapport économique annuel 2026 ; Financial Afrik, 8 octobre 2026.
  • FinTech Futures, The Block et Fortune, 14 juillet 2026 ; TechCabal ; Stablecoin Insider.

À lire aussi sur NotreAfrik : Paiements numériques : PayPal lance sa révolution en Afrique · Afrique subsaharienne : les transactions de cryptomonnaie atteignent 205 milliards de dollars en un an · Transferts diaspora : 104,6 milliards en 2024, selon la BAD

Abonnez vous à notre newsletter

Articles similaires

Get the app