Rebranding Africa Forum 2026 23 & 24 octobre 2026 · Bruxelles « Systèmes de santé en Afrique :
Innover pour soigner,
Soigner pour développer. »
Réserver ma place

Interconnecteur RDC–Zambie : 700 MW pour la Copperbelt

Lignes à haute tension entre Likasi et Kambove, dans la Copperbelt que doit desservir l'interconnecteur RDC–Zambie

Une ligne électrique de 200 kilomètres doit relier la Zambie à la Copperbelt congolaise. Le 6 octobre 2026, quatre partenaires ont signé un accord pour financer, construire et exploiter l’interconnecteur RDC–Zambie entre Kalumbila, en Zambie, et Kolwezi, en République démocratique du Congo. La ligne de 330 kilovolts aura une capacité thermique de 700 mégawatts (MW), pour un coût estimé à 300 millions de dollars.

Selon le communiqué conjoint publié par Trafigura, l’ouvrage permettra d’importer jusqu’à 550 MW vers la région minière congolaise, et sa conception permettra de dépasser 1 gigawatt à terme. Les promoteurs le présentent comme arrivé au stade final de développement, concessions, licences et autorisations obtenues. Aucune date de construction ni de mise en service n’a été publiée.

Interconnecteur RDC–Zambie : qui finance

Le projet, baptisé Kalumbila–Kolwezi Interconnector Project, associe le Fonds d’investissement stratégique de la RDC (FIS-RDC), la société Enterprise Power (EnPower), le négociant Trafigura et Gridworks, société d’investissement dans les réseaux électriques africains. Gridworks sera l’investisseur principal et l’actionnaire majoritaire ; EnPower, qui développe le projet depuis 2017, gardera une participation minoritaire ; Trafigura doit arranger une part importante de la dette. Des discussions sont en cours avec des investisseurs zambiens.

C’est le premier investissement annoncé par le FIS-RDC depuis sa création en octobre 2025. Son directeur général, Emile Osumba, estime que le projet, en réduisant le déficit électrique de la Copperbelt, débloquera croissance industrielle, emplois qualifiés et recettes fiscales. La clôture financière n’est pas annoncée.

Des mines qui tournent au diesel

Le besoin est considérable. Selon les promoteurs, cités en 2025 par Engineering News, l’offre électrique du réseau minier congolais accuse un déficit d’environ 1 000 MW, que les compagnies minières compensent par une production diesel coûteuse et polluante. Ce déficit pourrait atteindre 2 000 MW d’ici la fin de la décennie avec l’expansion des mines de cuivre et de cobalt.

L’interconnecteur ouvrira un canal d’importation depuis le Pool énergétique d’Afrique australe (SAPP), le marché régional de l’électricité. Le paradoxe demeure : le pays d’Inga, au potentiel hydroélectrique parmi les plus importants du monde, doit importer du courant pour faire tourner ses mines.

Transporter n’est pas produire

Une ligne ne crée pas d’électricité. Dans son rapport 2025, l’électricien public zambien ZESCO souligne la vulnérabilité de son parc hydroélectrique aux sécheresses. La fiabilité promise dépendra donc des centrales régionales et des contrats d’achat, qui ne sont pas publiés.

Reste la question des habitants. Gridworks présente les miniers comme les clients d’ancrage du projet et assure qu’une capacité pourrait aussi servir la population, sans programme de raccordement détaillé. C’est à l’accès des ménages et des petites entreprises au courant que se mesurera la portée du projet pour la Copperbelt, au-delà des mines.

Sources

  • Trafigura, communiqué conjoint, 6 octobre 2026 ; Gridworks, 6 octobre 2026.
  • Agence congolaise de presse, 7 octobre 2026 ; Financial Afrik, 7 octobre 2026 ; Engineering News, 7 octobre 2026 et 14 février 2025.
  • ZESCO, rapport intégré 2025 ; Southern African Power Pool, rapport trimestriel avril-juin 2024.

À lire aussi sur NotreAfrik : Cobalt RDC : +8 % de demande en 2026 malgré le LFP · Électricité RDC : la SNEL vend 10 000 GWh, tarif à refaire · Makutano Mining 2026 : VUKA Group RDC s’allie pour unifier la vision minière congolaise

Abonnez vous à notre newsletter

Articles similaires

Get the app