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Kano–Maradi : 100 millions $ de la BIDC pour les trains

Train en gare de Kano, point de départ de la future ligne ferroviaire Kano–Maradi vers le Niger

Le chemin de fer Kano–Maradi, qui doit relier le nord du Nigeria au sud du Niger, vient d’obtenir 100 millions de dollars pour ses trains. La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a approuvé ce financement le 28 septembre 2026, selon son communiqué du 30 septembre. Il couvre le matériel roulant et les équipements d’exploitation de la deuxième phase du projet, pas la construction de la ligne.

Le projet date de la présidence de Muhammadu Buhari. En septembre 2020, le Conseil exécutif fédéral a approuvé 1,96 milliard de dollars pour sa construction, confiée au groupe portugais Mota-Engil. La ligne à écartement standard traverse les États de Kano, Jigawa et Katsina, par Daura, Katsina et la ville frontalière de Jibiya, avant d’atteindre Maradi. En octobre 2024, la Banque africaine de développement (BAD) a prêté 350 millions de dollars au Nigeria pour la financer, selon Nairametrics.

Kano–Maradi : deux calendriers pour une ligne

Les dates divergent. L’Agence Ecofin annonce, dans son article du 6 octobre 2026, une mise en service de Kano–Maradi avant fin 2026. Le gouvernement nigérian est plus précis : dans un communiqué du 27 août 2026, il prévoit l’ouverture des sections Kano–Daura–Katsina en décembre 2026, et le représentant de Mota-Engil y situe l’achèvement du prolongement de Katsina à Maradi à la fin de 2027.

Autrement dit, le rail pourrait rouler au Nigeria bien avant de franchir la frontière. Le calendrier a déjà glissé : en mai 2025, le président Bola Tinubu promettait un achèvement en 2026. Le communiqué d’août reconnaît des difficultés de chantier, dont la sécurité, l’accès aux terrains et la dégradation des matériaux.

Le périmètre n’est pas plus net. Mota-Engil présente sur sa fiche un ensemble de 284 et 94 kilomètres, pour une valeur de 1,82 milliard de dollars, quand d’autres présentations évoquent près de 400 kilomètres. Ces chiffres ne désignent pas forcément les mêmes sections et embranchements.

Maradi doit pouvoir recevoir les marchandises

Côté nigérien, la ligne n’aura d’intérêt qu’avec une plateforme logistique au bout. Selon l’Agence nigérienne de presse (ANP), le ministre des Transports, Abdourahamane Amadou, a évoqué le 28 avril 2026 la nécessité d’un port sec à Maradi, pour lequel un terrain de 200 hectares a été mobilisé après des difficultés sur le site initial. Il situait alors l’arrivée du rail en 2027.

L’axe suit une route commerciale séculaire : Jibiya et Maradi forment depuis longtemps un pôle d’échanges entre les deux pays. Le gouvernement nigérian veut faire de Kano le principal terminal du nord du pays, et de la ligne une voie d’importation et d’exportation pour le Niger et ses voisins via les ports nigérians.

La bataille des corridors du Sahel

C’est l’enjeu stratégique souligné par Ecofin. Le Niger, sans accès à la mer, dépend de corridors routiers vers Cotonou, Lomé ou Lagos, et la brouille avec le Bénin depuis le coup d’État de 2023 a déjà redistribué une partie de ces flux. Relié à la ligne Lagos–Kano, le rail offrirait au Niger une voie ferrée vers la mer, et au Nigeria un moyen de capter des volumes qui transitaient par ses voisins.

La politique complique l’équation. Le Niger a quitté la CEDEAO, dont la BIDC est la banque, pour former l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Mali et le Burkina Faso. Le succès du rail dépendra des relations entre Abuja et Niamey, de la sécurité dans le nord-ouest du Nigeria, et surtout de l’offre faite aux transporteurs : horaires, tarifs, terminaux. Aucun de ces éléments n’est encore publié.

Sources

  • BIDC, communiqué sur les investissements approuvés, 30 septembre 2026 ; ministère fédéral nigérian de l’Information, 27 août 2026.
  • Mota-Engil, fiche du projet ; Agence nigérienne de presse, 29 avril 2026.
  • Agence Ecofin, 6 octobre 2026 ; Channels TV, mai 2025 ; Nairametrics, octobre 2024 ; AllAfrica, 28 avril 2026.

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