Les drones armés au Soudan frappent désormais bien au-delà des lignes de front : une école maternelle et un hôpital à Kalogi ont été touchés, tuant 114 personnes dont 60 enfants ; à Da'ein, des frappes ont mis hors service l'hôpital universitaire après avoir tué au moins 70 personnes. Ce bilan, présenté le devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, traduit une guerre qui s'étend aux espaces censés protéger les civils.
Drones armés au Soudan : hôpitaux, écoles et marchés dans le viseur
Mohamed Chande Othman, président de la Mission internationale indépendante d'enquête de l'ONU sur le Soudan, a décrit des attaques visant « des civils chez eux, dans des écoles, des hôpitaux, des marchés, des sites d'accueil pour personnes déplacées, ainsi que lors de mariages, d'enterrements et d'autres rassemblements communautaires ». Les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF) sont toutes deux mises en cause. À Yabus, dans l'État du Nil Bleu, des drones des SAF ont ciblé le principal marché et les infrastructures hydrauliques. À El-Obeid, une maternité a suspendu ses activités après qu'une frappe paramilitaire eut endommagé ses blocs opératoires et sa pharmacie.
La Mission estime disposer de « motifs raisonnables » de croire à de graves violations susceptibles de constituer des crimes de guerre. Son rapport documente également des soutiens transnationaux aux RSF : un réseau impliquant des individus et entités aux Émirats arabes unis, au Tchad, dans le sud-est de la Libye et au Puntland en Somalie aurait recruté, formé et déployé du personnel étranger. Des anciens contractuels de l'armée colombienne — jusqu'à 2 000 hommes — combattraient aux côtés des RSF au Darfour et au Kordofan. Des combattants originaires du Soudan du Sud, du Tchad et d'Éthiopie ont également été identifiés.
Un réseau transnational alimente les RSF
La Mission réclame l'application effective de l'embargo sur les armes au Darfour et son extension à l'ensemble du territoire soudanais, avertissant que les États qui continuent à apporter un soutien malgré les violations documentées engagent leur propre responsabilité. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a exigé « un cessez-le-feu immédiat, la fin de toute ingérence étrangère et le retour à un régime civil inclusif ». Entrée dans sa quatrième année, la guerre a provoqué le déplacement de plus de six millions de personnes à l'intérieur du pays et contraint 4,5 millions d'autres à fuir au-delà des frontières.
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Avec APO Group.