Les Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) se tiennent actuellement à Brazzaville, en République du Congo, en présence de plusieurs chefs d’État africains et de milliers de délégués venus du monde entier.
À cette occasion, les dirigeants africains ont exprimé leur confiance dans la vision stratégique du président du Groupe de la Banque, Dr Sidi Ould Tah, en faveur d’une transformation économique accélérée du continent.
Une nouvelle stratégie pour financer le développement africain
Le thème retenu pour ces Assemblées annuelles 2026 est : «Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté».
Il s’agit des premières Assemblées annuelles dirigées par Dr Sidi Ould Tah depuis sa prise de fonction à la tête du Groupe de la Banque en septembre 2025.
Dans son discours d’ouverture, le président congolais Denis Sassou-N’Guesso a insisté sur la nécessité d’adopter des approches plus ambitieuses pour financer le développement du continent.
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Selon lui, la Banque africaine de développement représente bien plus qu’une institution financière. Il l’a décrite comme un instrument de solidarité africaine et un partenaire stratégique essentiel pour accompagner la transformation économique du continent.
La Nouvelle architecture financière africaine au cœur des débats
Au centre des discussions figure la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), proposée par Dr Ould Tah.
Cette initiative a déjà été approuvée par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine en février dernier.
Elle a également reçu un soutien important lors du dialogue consultatif organisé à Abidjan entre les principales institutions financières africaines, qui a débouché sur le Consensus d’Abidjan. Le projet a ensuite été soutenu lors du sommet «Africa Forward» organisé à Nairobi.
L’objectif principal de cette nouvelle architecture financière est de renforcer la capacité de l’Afrique à mobiliser ses propres ressources pour financer son développement.
L’Union africaine soutient la réforme financière africaine
La vice-présidente de l’Union africaine, Selma Malika Haddadi, représentant le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a salué cette initiative.
Selon elle, cette réforme vise à renforcer la coopération entre les institutions financières africaines et à réduire les obstacles structurels qui freinent la mobilisation des ressources sur le continent. Elle a rappelé que l’Afrique fait face à un déficit annuel de financement du développement estimé à environ 400 milliards de dollars (environ 226 000 milliards FCFA).
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Mme Haddadi a également annoncé la création de l’Agence africaine de notation de crédit (AfCRA), destinée à fournir des évaluations financières mieux adaptées aux réalités économiques africaines.
Une Afrique en pleine transformation économique
Dans son intervention, Dr Sidi Ould Tah a affirmé que l’Afrique connaît aujourd’hui une dynamique économique comparable à celle observée autrefois en Asie.
Selon lui, une nouvelle génération d’entrepreneurs africains développe des entreprises innovantes capables de rivaliser à l’échelle continentale et internationale.
Il a notamment souligné le rôle croissant des outils numériques dans la résolution des problèmes économiques et sociaux du continent.
Cependant, il estime que les innovations africaines restent encore limitées par une architecture financière insuffisamment adaptée aux besoins actuels.
Pour le président de la BAD, l’Afrique doit désormais construire des mécanismes financiers capables de mobiliser rapidement des capitaux à grande échelle.
La fragmentation financière considérée comme un frein
Dr Ould Tah a également dénoncé la fragmentation des systèmes financiers africains. Selon lui, une grande partie de l’épargne africaine ne finance pas suffisamment les projets de développement du continent.
Il a rappelé que les investisseurs internationaux privilégient généralement des instruments financiers solides plutôt que des projets isolés.
C’est pourquoi il estime nécessaire de renforcer l’architecture financière africaine afin de mieux coordonner les institutions déjà existantes.
Il précise que la NAFAD ne vise pas à créer davantage de bureaucratie, mais plutôt à améliorer l’efficacité et la complémentarité des structures financières africaines.
La vision stratégique des «Quatre points cardinaux»
Le président du Groupe de la Banque a également présenté sa vision stratégique baptisée «Quatre points cardinaux».
Cette stratégie repose sur plusieurs priorités majeures, notamment la mobilisation de davantage de capitaux à moindre coût, le renforcement des systèmes financiers africains, la transformation de la croissance démographique en véritable opportunité économique, ainsi que le développement des infrastructures et des chaînes de valeur industrielles à travers le continent africain.
Une attention particulière est accordée à l’emploi des jeunes et à l’autonomisation économique des femmes.
Selon Dr Ould Tah, les institutions africaines doivent aujourd’hui s’adapter à un contexte mondial marqué par l’incertitude économique et géopolitique.
Des distinctions honorifiques remises aux dirigeants de la BAD
Au cours de la cérémonie d’ouverture, le président Denis Sassou-N’Guesso a décoré plusieurs responsables du Groupe de la Banque africaine de développement.
Dr Sidi Ould Tah ainsi que le secrétaire général du Groupe, Vincent Nmehielle, ont été élevés au grade de Commandeur du Cœur d’Or de l’Ordre du Mérite congolais.
D’autres responsables de la Banque ont également été distingués pour leur contribution au développement du continent. Le chef de cabinet, Thierry Hot ; Léandre Bassolé, directeur général pour la région de l’Afrique centrale ; Olivier Béguy, économiste pays pour la région de l’Afrique centrale ; et André Basse, chef du protocole, ont été faits chevaliers.
Une forte mobilisation internationale à Brazzaville
Les Assemblées annuelles 2026 réunissent plusieurs milliers de participants venus de nombreuses régions du monde. Les gouverneurs représentant les 81 pays membres du Groupe de la Banque prennent part aux travaux prévus sur cinq jours.
Les discussions portent principalement sur les mécanismes de financement du développement africain, les réformes financières continentales ainsi que les stratégies de croissance économique durable.