Après près de cinq années marquées par une hausse continue des prix, la dynamique inflationniste commence à montrer des signes d’essoufflement dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Selon les données publiées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la sous-région a enregistré un léger repli des prix à la fin de l’année 2025, une évolution qui rompt avec
la tendance observée depuis 2021.
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Un tournant après 18 trimestres de hausse
D’après la Banque centrale, le quatrième trimestre 2025 a été marqué par une diminution des prix de l’ordre de 0,4 %. Il s’agit de la première baisse enregistrée depuis une longue période d’augmentation continue, entamée au deuxième trimestre 2021 et qui aura duré 18 trimestres consécutifs.
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La BEAC souligne également que l’inflation dans la zone est restée relativement modérée par rapport à celle observée chez plusieurs partenaires commerciaux de la région. En octobre 2025, le taux d’inflation s’est établi à 2,8 %, soit le même niveau qu’en septembre et en dessous du seuil de tolérance de 3 % généralement retenu dans la zone.
Le poids des hydrocarbures et des matières premières
Cette évolution s’explique en partie par la structure des échanges extérieurs des pays de la CEMAC. Les économies de la sous-région reposent en grande partie sur les exportations d’hydrocarbures, notamment le pétrole et le gaz, qui constituent une part essentielle des ventes à l’international pour plusieurs États membres.
En dehors du secteur énergétique, la baisse des prix observée à la fin de l’année 2025 s’explique aussi par une évolution favorable de certains produits locaux. La dépréciation du franc CFA face à plusieurs grandes monnaies internationales a également contribué à améliorer la compétitivité des produits de la zone. La monnaie s’est ainsi affaiblie face au yuan chinois (-2,1 %), au dollar américain (-0,9 %) et à l’euro (-0,6 %), rendant les exportations régionales relativement plus attractives.
Des situations contrastées selon les pays
Si la tendance générale est à l’amélioration, l’évolution reste toutefois inégale entre les différents pays membres. Le Tchad et le Gabon se distinguent par les reculs les plus marqués des prix, respectivement de 4,8 % et 2,4 %. Dans d’autres économies de la zone, la progression est plus modérée. Le Cameroun (-0,4 %) et la Guinée équatoriale (-0,1 %) enregistrent également une amélioration de leur compétitivité-prix. En revanche, la situation apparaît plus délicate au Congo, où les indicateurs montrent une légère détérioration. La République centrafricaine, pour sa part, affiche une tendance opposée avec une perte plus nette de compétitivité sur les marchés internationaux.