Zimbabwe : suspension des exportations de lithium brut

Zimbabwe : suspension des exportations de lithium brut

Le gouvernement souhaite ainsi renforcer et accélérer la mise en place d’unités locales de transformation, dans le but de conserver sur le territoire national une part plus importante de la valeur créée par cette ressource stratégique.

Le Zimbabwe a annoncé, mercredi 25 février, l’arrêt immédiat des exportations de concentrés de lithium. La décision, rendue publique par le ministre des Mines, Polite Kambamura, intervient avec une année d’avance sur le calendrier initial qui fixait l’échéance à 2027.

Premier producteur africain de lithium, le pays entend ainsi accélérer le développement de capacités locales de transformation afin de capter une plus grande part de la valeur ajoutée générée par cette ressource stratégique.

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Accélérer la transformation locale

Selon les autorités, cette suspension vise à encourager le traitement du minerai sur le territoire national plutôt que son exportation à l’état brut. L’objectif affiché est de renforcer la transparence, la responsabilité et la valorisation des ressources minières.

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La durée de la mesure n’a pas été précisée. Elle concerne également les cargaisons déjà en transit. Le gouvernement prévoit toutefois des consultations avec les opérateurs du secteur afin de détailler les nouvelles orientations et les exigences à respecter.

Des projets industriels déjà engagés

Dans le cadre de cette stratégie, plusieurs initiatives ont été annoncées. Les groupes chinois Sinomine et Zhejiang Huayou Cobalt ont dévoilé des projets d’unités de production de sulfate de lithium pour leurs sites respectifs de Bikita et Arcadia.

Le raffinage du concentré permet d’obtenir des composés à forte valeur ajoutée, notamment le carbonate et l’hydroxyde de lithium, essentiels à la fabrication des batteries pour véhicules électriques. L’état d’avancement de ces infrastructures reste cependant à clarifier.

Une stratégie amorcée sous l’ancienne administration

L’idée de mettre fin aux exportations de concentrés avait été évoquée dès l’an dernier par l’ex-ministre des Mines, Winston Chitando. La suspension était alors conditionnée à la mise en place effective d’unités locales de transformation.

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Les compagnies ne disposant pas de projets industriels devaient, à minima, conclure des partenariats avec celles engagées dans la construction d’usines afin de pouvoir traiter leur production localement. Reste à savoir si ces orientations seront maintenues sous la nouvelle direction ministérielle.

En privilégiant l’exportation de produits transformés plutôt que de simples concentrés, Harare espère augmenter ses recettes minières. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte mondial marqué par une forte demande à long terme liée à la transition énergétique, mais aussi par un marché du lithium actuellement en surcapacité.

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