La controverse est née à la suite d’un contrôle de l’Agence sénégalaise de régulation pharmaceutique, qui a mis au jour la détention par l’entreprise Softcare de 1 300 kg de matières premières périmées, jugées inadaptées à la production de serviettes hygiéniques et de couches pour nourrissons.
Un matin de janvier, plusieurs dizaines de Sénégalais se sont rassemblés devant le ministère de la Santé à Dakar pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme le silence «complice» des autorités sur l’affaire Softcare, un scandale sanitaire potentiel impliquant le principal distributeur africain de produits hygiéniques.
La polémique a été déclenchée après qu’une inspection de l’Agence sénégalaise de régulation pharmaceutique (ARP) a révélé que l’entreprise chinoise Softcare détenait 1.300 kg de matières premières périmées, impropres à la fabrication de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés. «Depuis trois semaines, le ministre n’a pas réagi», a dénoncé le député de l’opposition Guy Marius Sagna, exprimant la frustration des citoyens lors du rassemblement.

Des produits périmés et des risques pour la santé
Le directeur général de l’ARP avait demandé début décembre le retrait des produits du marché jusqu’à la mise en conformité des procédés de fabrication. Selon le docteur Diabel Drame, responsable syndical des médecins, ces produits peuvent provoquer irritations, démangeaisons, allergies ou infections. Plusieurs utilisatrices ont rapporté des démangeaisons après avoir utilisé les serviettes Softcare, comme l’a signalé la pharmacienne et lanceuse d’alerte santé Alima Niang sur TikTok.
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Réactions de Softcare et revers de l’ARP
L’entreprise assure que les matières premières incriminées n’ont jamais été utilisées et étaient conservées en attente de destruction. Toutefois, un revirement du directeur général de l’ARP a affirmé que les documents fournis par Softcare indiqueraient que les intrants périmés n’auraient pas été intégrés dans la production.
Ce revirement a été contesté par Moussa Diallo, chef de la mission d’inspection, et deux autres inspecteurs, qui dénoncent des tentatives de corruption de la part d’agents de Softcare. L’entreprise, pour sa part, réfute ces accusations et les qualifie d’«infondées» et de «diffamatoires».
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Tensions persistantes et actions parlementaires
En janvier, le ministère de la Santé a annoncé la mise en place d’une mission d’enquête conjointe pour clarifier la situation. Une mission parlementaire a également été lancée pour auditionner les parties et comprendre les décisions contradictoires concernant le retrait et la remise des produits sur le marché.
Malgré ces démarches, les membres du mouvement citoyen FRAPP, représentés par Souleymane Gueye, dénoncent un manque de réaction des autorités et promettent de nouvelles actions de protestation.
Notre Afrik avec AFP








