Sénégal : une concertation nationale propose des réformes pour refonder la démocratie

Plusieurs propositions ont émergé de cette rencontre, notamment la rationalisation des partis politiques, dont le nombre approche les 400, et la création d’une commission électorale nationale indépendante (Céni).

Au Sénégal, un large dialogue national s’est tenu du 28 mai au 5 juin à Diamniadio, près de Dakar, réunissant près de 700 participants issus de partis politiques, de la société civile, de syndicats, ainsi que des experts et universitaires. Cette concertation visait à proposer des réformes profondes dans un contexte politique tendu entre le pouvoir actuel et les figures de l’ancien régime.

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À l’issue des discussions, le modérateur Cheikh Guèye a salué des échanges « féconds » en vue d’une « refondation » de la démocratie sénégalaise. Plusieurs propositions majeures ont émergé, notamment la rationalisation des partis politiques, dont le nombre approche les 400, la création d’une commission électorale nationale indépendante (Céni), autonome du ministère de l’Intérieur, et l’interdiction du cumul entre les fonctions de chef de l’État et de chef de parti.

Points de désaccord et propositions sensibles

Des divergences sont apparues sur certains sujets, comme l’instauration d’un statut officiel pour le chef de l’opposition ou la possibilité pour les citoyens de saisir directement le Conseil constitutionnel. Les recommandations finales seront transmises au président Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024 avec une volonté affirmée de rupture. L’opposition présente à la concertation a exhorté le président à engager des gestes d’apaisement, notamment par la libération de jeunes détenus pour des « délits d’opinion » et la fin des détentions provisoires d’anciens responsables politiques.

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Cependant, plusieurs partis, dont celui de l’ancien président Macky Sall, ont boycotté le dialogue, dénonçant une « chasse aux sorcières » contre leurs membres. Le nouveau pouvoir a, de son côté, promis que les anciens dirigeants devront rendre des comptes pour leur gestion passée, et plusieurs procédures judiciaires sont en cours.

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Entre 2021 et 2024, le Sénégal a connu une instabilité politique marquée par des manifestations massives et souvent violemment réprimées. Ces troubles ont causé la mort de plusieurs dizaines de personnes, principalement des jeunes, accentuant le climat de défiance envers les institutions.

Notre Afrik avec AFP

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