Le gouvernement sénégalais a rejeté, mardi soir, les allégations selon lesquelles il aurait contracté en toute discrétion un emprunt de 650 millions d’euros en 2025 pour éviter un défaut de paiement. Ces accusations, relayées par le journal économique Financial Times, interviennent dans un contexte où le pays fait face à une pression croissante liée à son endettement.
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Des opérations financières jugées opaques
D’après les informations publiées, Dakar aurait mobilisé ces fonds auprès de l’Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank. Il s’agirait de mécanismes de type « swaps », souvent considérés comme complexes et peu transparents, donnant priorité aux créanciers en cas de défaillance de l’emprunteur.
Le premier accord, conclu en mai 2025 avec l’institution panafricaine basée au Nigeria, aurait permis de lever jusqu’à 350 millions d’euros. Un second arrangement, signé en juin avec la banque émiratie, porterait sur 300 millions d’euros supplémentaires, avec des échéances prévues jusqu’en 2028.
Une stratégie assumée par les autorités
Dans un communiqué, le ministère sénégalais des Finances assure que ces opérations s’inscrivent dans une politique de diversification des sources de financement. L’objectif, selon les autorités, est de mobiliser des ressources pour faire face aux obligations financières de l’État, notamment le remboursement de la dette et le fonctionnement des services publics.
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Le gouvernement souligne également que ces emprunts, assortis d’un taux d’intérêt de 7,1 %, seraient plus avantageux que ceux proposés sur les marchés internationaux. Il insiste par ailleurs sur le respect des normes de transparence en vigueur.
Une situation économique sous tension
Malgré ce démenti, la situation financière du Sénégal demeure préoccupante. L’agence de notation Standard & Poor’s a récemment dégradé la note de la dette à long terme du pays à « CCC+ », évoquant des finances fragiles.
Le pays affiche un déficit budgétaire avoisinant 14 % du PIB, tandis que la dette publique et parapublique est estimée à environ 132 % du PIB à fin 2024. Toutefois, à la mi-mars, les autorités ont réussi à honorer une échéance internationale de 471 millions de dollars, dissipant temporairement les craintes d’un défaut.
Héritage contesté et tensions avec le FMI
Les dirigeants actuels pointent du doigt la gestion de l’ancien président Macky Sall, accusé d’avoir dissimulé l’ampleur réelle de la dette et du déficit. Cette situation a conduit le Fonds monétaire international à suspendre un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars conclu en 2023, dans l’attente de clarifications.
Après plusieurs missions d’évaluation, des discussions ont repris à la mi-octobre entre le Sénégal et l’institution financière internationale en vue d’un nouveau programme.
Refus de restructurer la dette
Malgré les recommandations de certains experts, les autorités sénégalaises excluent toute restructuration de la dette. Le gouvernement, qui revendique une approche souverainiste, privilégie d’autres leviers pour redresser les finances publiques et restaurer la confiance des partenaires internationaux.