Les bureaux de vote ont fermé dimanche soir au terme de l’élection présidentielle en République du Congo. Face au président sortant Denis Sassou Nguesso, âgé de 82 ans, il y a six candidats. Cependant, leur notoriété limitée et leur faible ancrage politique rendaient peu probable une alternance dès ce scrutin. Plusieurs grands partis d’opposition avaient
d’ailleurs choisi de boycotter l’élection, estimant que les conditions d’un vote libre et transparent n’étaient pas réunies.
Des communications coupées et une participation difficile à évaluer
La participation nationale reste difficile à mesurer. Les réseaux internet et téléphoniques ont été interrompus dès l’aube du jour du vote, compliquant la circulation de l’information à travers le pays. Cette coupure a notamment empêché les observateurs et les médias d’obtenir une vision globale de la mobilisation électorale en dehors de la capitale.
Téléchargez l’application pour ne rien rater de l’actualité
Brazzaville sous haute surveillance
À Brazzaville, la journée électorale s’est déroulée dans une atmosphère calme mais marquée par une faible affluence. Les rues de la capitale étaient presque désertes, la circulation étant interdite aux véhicules ne disposant pas d’un laissez-passer. Commerces et églises sont restés fermés durant la journée.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Des patrouilles de l’armée et de la police ont sillonné le centre-ville, tandis que de rares passants circulaient sous un ciel gris. Devant les bureaux de vote, des gendarmes et policiers étaient présents pour encadrer le déroulement du scrutin et orienter les électeurs.
Une participation timide dans plusieurs bureaux de vote
Dans plusieurs centres visités au cours de la matinée, les électeurs se sont présentés au compte-gouttes. À l’école primaire Pierre Ntsiete, dans le quartier Ouenze, certains habitants ont attendu près de deux heures après l’ouverture officielle pour voter.
Certains électeurs se montraient prudents, refusant d’être filmés ou de donner leur identité. D’autres affirmaient simplement vouloir accomplir leur devoir civique. «Je dois voter parce que le vote est utile», confiait ainsi un habitant en se dirigeant vers l’isoloir, espérant que le scrutin se déroule «dans le calme».
Dans le quartier de Bacongo, considéré comme un bastion de l’opposition, plusieurs habitants rencontrés ont indiqué qu’ils n’iraient pas voter, dénonçant un manque de confiance dans le processus électoral.
Le président sortant vote sous les acclamations
Le chef de l’État a voté en fin de matinée à la mairie de Ouenze, dans le cinquième arrondissement de la capitale. Vêtu d’un costume beige, Denis Sassou Nguesso a été accueilli par plusieurs centaines de partisans avant de rejoindre le bureau de vote à pied, entouré de militaires.
Durant la campagne électorale, le président sortant avait parcouru plusieurs régions du pays, soutenu par la machine politique de son parti, le Parti congolais du travail (PCT), qui redoutait une forte abstention.
Début du dépouillement dans des conditions précaires
Les bureaux ont fermé vers 18 heures dans la capitale. Dans certains centres, les urnes apparaissaient à peine remplies à moitié.
Le dépouillement a parfois débuté dans l’obscurité, certains bâtiments publics étant privés d’électricité. Les premiers bulletins comptabilisés donnaient majoritairement l’avantage au président sortant, suivi notamment par le jeune candidat Destin Gavet, du Mouvement républicain.
Notre Afrik avec AFP