La ville de Jos, située dans le centre du Nigeria, a été le théâtre de violents troubles mercredi. Des habitants en colère ont envahi les rues, provoquant des scènes de chaos, selon un journaliste de l’AFP présent sur place. Ce dernier rapporte avoir aperçu deux corps inanimés au milieu des violences.
Ces affrontements surviennent quelques jours après une attaque meurtrière survenue durant le week-end. Une trentaine de personnes ont été tuées dans un bar par des assaillants non identifiés. Sur
les réseaux sociaux, des accusations non vérifiées ont rapidement circulé, évoquant un ciblage de chrétiens à l’occasion du dimanche des Rameaux, à l’approche de Pâques.
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Une ville marquée par des fractures anciennes
Capitale de l’État du Plateau, Jos est connue pour sa diversité religieuse, abritant des communautés chrétiennes et musulmanes vivant généralement en coexistence. Toutefois, cette harmonie reste fragile. La ville a déjà été le théâtre de violences meurtrières alimentées par des tensions à la fois ethniques et confessionnelles.
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Dans plusieurs quartiers, des groupes ont vandalisé des véhicules, notamment des voitures et des tricycles servant de taxis. Des habitants, pris de panique, ont fui pour se mettre à l’abri. L’identité des auteurs de ces violences ainsi que leurs cibles restent, pour l’heure, inconnues.
Une intervention des forces de l’ordre
Face à la situation, les forces de sécurité ont été déployées en nombre. Toute la matinée de mercredi, elles ont sillonné la ville à vive allure pour disperser les attroupements, procédant parfois à des tirs de sommation.
Au-delà de ces violences urbaines, l’État du Plateau est régulièrement secoué par des affrontements entre agriculteurs et éleveurs nomades, notamment pour l’accès aux terres. Ces conflits, qui dépassent les clivages religieux et ethniques, exacerbent une situation déjà sensible, où les notions d’identité et d’appartenance locale restent particulièrement délicates.
Un couvre-feu insuffisant
Les autorités avaient pourtant instauré un couvre-feu général lundi et mardi, dans l’espoir de prévenir de nouvelles violences, notamment des représailles après la fusillade. Cette mesure n’a toutefois pas permis d’éviter les débordements observés mercredi.
L’attaque initiale s’est produite à Anguwan Rukuba, un secteur fréquenté par les étudiants et le personnel universitaire. Si la majorité des victimes seraient de confession chrétienne, une organisation musulmane locale affirme également avoir perdu quatre de ses membres dans ces violences, soulignant la complexité et la sensibilité de la situation.
Notre Afrik avec AFP