Face à la recrudescence des attaques, le pays a dévoilé son nouveau plan stratégique 2025-2030 qui prévoit une base de données nationale, un laboratoire médico-légal certifié ISO, un centre national des opérations et un centre d’appel 24h/24.
Confronté à une recrudescence des violences terroristes qui ont coûté la vie à 565 citoyens en 2024, le Nigeria a dévoilé son nouveau plan stratégique de lutte contre le terrorisme pour la période 2025-2030. Élaboré par le Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC), ce document vise à renforcer la sécurité nationale et à positionner le pays comme un acteur de référence dans la lutte antiterroriste en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Un bilan humain et économique lourd
Selon les données compilées par le NCTC, les violences liées au terrorisme ont provoqué la mort de 565 Nigérians au cours de l’année écoulée. À l’échelle régionale, plus de 13 900 civils ont perdu la vie dans environ 3 400 attaques, tandis que près de cinq millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Depuis 2007, le coût économique du terrorisme en Afrique est estimé à 119 milliards de dollars, une charge largement supportée par des pays comme le Nigeria, le Mali, la Somalie et la Libye.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Des outils renforcés pour une lutte plus efficace
Le plan stratégique 2025-2030 prévoit la mise en place de plusieurs dispositifs structurants, dont une base de données nationale centralisée sur les individus impliqués dans le terrorisme, un laboratoire médico-légal répondant aux normes internationales ISO/CEI 17025, ainsi qu’un centre national des opérations et un centre d’appel fonctionnant en continu. Il inclut également le déploiement de la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme (NACTEST), des programmes de résilience communautaire, de lutte contre les engins explosifs improvisés et de réinsertion des anciens combattants.
Lire : Nigeria : les élèves enlevés retrouvés sains et saufs
Le document stratégique souligne enfin que le Sahel demeure la région la plus touchée par le terrorisme, concentrant plus de la moitié des décès liés à ces violences en 2024. Cette situation est aggravée par des facteurs structurels tels que le changement climatique, la criminalité transnationale, le trafic de ressources naturelles et la vulnérabilité socio-économique des jeunes, qui alimentent l’instabilité régionale.