L’assaut perpétré par des individus armés a été signalé par la Croix-Rouge et corroboré par les autorités locales, dont la police et le gouverneur de l’État.
Au moins 162 personnes ont été tuées mardi 3 février dans le village de Woro, situé dans l’État de Kwara, au centre-ouest du Nigeria. L’attaque, menée par des hommes armés, a été rapportée par la Croix-Rouge et confirmée par les autorités locales, notamment la police et le gouverneur de l’État. Il s’agit de l’un des épisodes de violence les plus sanglants enregistrés dans le pays ces derniers mois.
Ce drame intervient alors que le Nigeria intensifie sa lutte contre une insécurité chronique, alimentée par la criminalité armée et l’expansion de groupes djihadistes, avec un appui croissant des États-Unis.

Banditisme armé et menace djihadiste en expansion
L’État de Kwara est confronté à une violence multiforme. Des groupes criminels, communément appelés « bandits », multiplient les attaques contre les villages, se livrant à des pillages, des enlèvements et des actes de terreur. Parallèlement, la menace djihadiste gagne du terrain : des groupes actifs dans le nord-ouest du Nigeria étendent progressivement leurs opérations vers le sud. Cette convergence des menaces fragilise durablement la sécurité dans la région et complique la réponse des forces de l’ordre.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Face à la dégradation de la situation, les autorités avaient instauré des couvre-feux dans plusieurs zones de l’État et fermé les établissements scolaires pendant plusieurs semaines. Les écoles venaient tout juste de rouvrir, sur ordre des autorités, la veille de l’attaque. Malgré ces mesures, les assaillants ont frappé avec une extrême violence, révélant les limites du dispositif sécuritaire en place.
Un village dévasté, un chef introuvable
Selon Saidu Baba Ahmed, membre de l’assemblée locale de Kwara, les premiers bilans faisaient état d’au moins 35 corps retrouvés mercredi matin, tout en laissant craindre un nombre bien plus élevé de victimes. «D’autres corps pourraient être découverts dans la brousse», a-t-il indiqué à l’Agence France-Presse. Les hommes armés auraient incendié plusieurs commerces ainsi que le palais royal du village. Le sort du chef traditionnel restait incertain au moment des déclarations. La police a confirmé l’attaque sans fournir de chiffre officiel.
Lire : Sécurité : l’Afrique concentre 40 % des conflits armés dans le monde
Les autorités évoquent une riposte à la pression militaire
Le gouverneur de l’État, AbdulRahman AbdulRazaq, a dénoncé une attaque «lâche», qu’il interprète comme une réaction de groupes terroristes affaiblis par les opérations militaires en cours. Selon lui, les succès récents des forces de sécurité auraient poussé ces cellules à multiplier les représailles contre les civils. Quelques jours auparavant, l’armée nigériane avait annoncé avoir neutralisé environ 150 individus présentés comme des «terroristes», principalement des bandits, dans des zones forestières de Kwara.
Une insécurité généralisée à l’échelle nationale
Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique et premier producteur de pétrole du continent, fait face depuis 2009 à une insurrection djihadiste dans le nord-est. À cette menace s’ajoutent, dans le nord-ouest et le centre du pays, de puissants groupes criminels armés, ainsi que l’émergence de mouvements djihadistes locaux tels que Lakurawa et Mahmuda. Des chercheurs ont récemment établi des liens entre certains membres de Lakurawa, actif dans l’État de Sokoto, et l’État islamique au Sahel, présent notamment au Niger voisin.
Notre Afrik avec AFP








