La prise de Tessalit marque une nouvelle avancée des groupes armés dans le nord du Mali, quelques jours après la perte de Kidal par les forces de la junte.
Le camp stratégique de Tessalit, situé près de la frontière algérienne, est désormais passé sous le contrôle de groupes rebelles armés, selon plusieurs sources locales, sécuritaires et indépendantistes.
Une position militaire majeure perdue
Vendredi matin, l’armée malienne et ses alliés russes auraient quitté leurs positions avant l’arrivée des assaillants. Selon des sources sécuritaires, aucun affrontement direct n’aurait eu lieu, tandis que des responsables rebelles évoquent une reddition.
Tessalit est considérée comme l’un des points militaires les plus sensibles du nord du pays. Sa position géographique permet un contrôle stratégique sur les zones sahariennes environnantes. Le site dispose également d’une importante piste d’atterrissage capable d’accueillir hélicoptères et avions militaires lourds.
Un nouveau revers pour la junte
Cette perte intervient dans un contexte de forte dégradation sécuritaire pour les autorités de transition au pouvoir depuis 2020. Le Mali fait face à des offensives coordonnées menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida, ainsi que par le Front de libération de l’Azawad (FLA), coalition rebelle à dominante touareg.
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Après Kidal, Tessalit et Aguelhok
La chute de Tessalit survient quelques jours après la reprise de Kidal par les groupes armés. Des sources locales indiquent également que le camp d’Aguelhok, situé à environ 100 kilomètres de Kidal, serait lui aussi passé sous leur contrôle. Cette progression rapide fragilise davantage le pouvoir militaire de Bamako.
Pression politique sur Bamako
Jeudi, le GSIM a appelé à la formation d’un large front commun pour mettre fin à la junte et instaurer une transition dite pacifique et inclusive. Le mouvement djihadiste affirme par ailleurs avoir instauré un blocus routier autour de Bamako, accentuant la pression sur les autorités.
Une junte affaiblie
La situation est aggravée par la mort récente du ministre de la Défense, Sadio Camara, tué dans une attaque à Kati. Figure centrale du régime et artisan du rapprochement avec la Russie, sa disparition constitue un choc majeur pour le pouvoir.
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Malgré les déclarations du chef de la transition Assimi Goïta assurant que la situation est maîtrisée, plusieurs observateurs estiment que le régime traverse l’une des périodes les plus critiques depuis son arrivée au pouvoir.
Un tournant sécuritaire majeur
La perte successive de plusieurs bastions du nord remet en cause le discours officiel selon lequel la rupture avec les partenaires occidentaux et le renforcement militaire avaient permis d’inverser la menace djihadiste.
Dans l’ensemble, la chute de Tessalit confirme une dynamique défavorable pour Bamako et pourrait rebattre les équilibres sécuritaires et politiques au Mali.
Notre Afrik avec AFP