Guinée : suspension de la grève entamée par le barreau il y a trois semaines

Cette mobilisation visait à protester contre l’enlèvement et les violences subies par Maître Mohamed Traoré, avocat et ex-membre de l’organe législatif de transition.

Après trois semaines de paralysie des tribunaux, l’Ordre des avocats de Guinée a annoncé, mercredi 17 juillet, la suspension de son boycott des audiences judiciaires à l’échelle nationale. Cette action avait été lancée pour dénoncer l’enlèvement et les mauvais traitements infligés à Maître Mohamed Traoré, avocat et ancien membre de l’organe législatif transitoire.

Le boycott, lancé le 24 juin, visait à exiger des poursuites contre les auteurs de l’enlèvement de Me Traoré ainsi qu’un entretien officiel avec le chef de la junte. Mais face à l’accumulation de dossiers judiciaires en souffrance et à la nécessité de reprendre les activités pour garantir le droit à la justice, l’ordre a décidé de suspendre le mot d’ordre. « Le barreau a décidé de lever le mot d’ordre de boycott », a annoncé Me Moussa Diallo, porte-parole de l’ordre, à l’issue d’une réunion tenue en présence de Me Traoré.

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Un enlèvement qui a secoué le milieu judiciaire

Dans la nuit du 23 au 24 juin, Me Traoré a été enlevé à son domicile, situé en périphérie de Conakry, par des hommes cagoulés non identifiés. Il aurait été brutalisé avant d’être relâché quelques heures plus tard, selon les déclarations du barreau. Cet acte a provoqué une onde de choc au sein de la profession, qui y voit une grave atteinte à la liberté d’expression et à l’intégrité des défenseurs des droits.

Lire : Guinée : le barreau en grève pour deux semaines

Connu pour ses prises de position critiques envers le régime militaire, Me Traoré avait quitté en début d’année 2025 l’organe législatif de transition mis en place par la junte dirigée par le général Mamadi Doumbouya, au pouvoir depuis le coup d’État de 2021 contre le président élu Alpha Condé. Le barreau affirme que ses critiques publiques du régime sont à l’origine de son enlèvement, une thèse renforcée par les violences dont il a été victime.

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