L’opérateur public tunisien Tunisie Telecom a annoncé avoir été victime d’une cyberattaque ayant permis la diffusion d’un message critique envers les autorités du pays via son application mobile «MyTT».
Le message, apparu samedi sur les téléphones de plusieurs utilisateurs, dénonçait notamment «un net recul des libertés» ainsi qu’une situation économique qualifiée d’«étouffante».
Un message politique diffusé aux abonnés
Selon plusieurs captures relayées sur les réseaux sociaux, les utilisateurs de l’application ont reçu une notification inhabituelle intitulée : «Un cri pour la Tunisie : la liberté n’est pas un crime».
Le texte critiquait la situation politique et économique du pays dans un contexte marqué par de fortes tensions autour des libertés publiques en Tunisie.
L’incident a rapidement suscité de nombreuses réactions en ligne, plusieurs internautes s’interrogeant sur la sécurité des plateformes numériques publiques et la vulnérabilité des systèmes informatiques de l’État.
Tunisie Telecom reconnaît une cyberattaque
Dans un premier temps, Tunisie Telecom avait évoqué une opération de maintenance avant de confirmer quelques heures plus tard avoir subi une intrusion informatique.
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L’entreprise publique affirme que l’attaque a été détectée rapidement et neutralisée grâce à ses dispositifs de surveillance numérique. L’opérateur assure également qu’aucune donnée personnelle des utilisateurs n’a été compromise et que les services sont restés opérationnels malgré l’incident.
Un climat politique et économique sous tension
Cette cyberattaque intervient dans un contexte politique sensible depuis les décisions prises en 2021 par le président Kaïs Saïed, qui avait suspendu le Parlement et renforcé les pouvoirs de l’exécutif.
Depuis plusieurs années, des organisations de défense des droits humains dénoncent une réduction progressive de l’espace démocratique, évoquant des poursuites contre des opposants politiques, des journalistes et des acteurs de la société civile.
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La Tunisie fait également face à des difficultés économiques persistantes marquées par une inflation élevée, une croissance faible et des tensions sur les finances publiques.
Dans ce contexte, les espaces numériques deviennent de plus en plus des lieux d’expression politique et de contestation, notamment à travers des actions de cyberactivisme visant des institutions publiques ou des plateformes officielles.