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Ghana BRICS : Accra candidate à un groupe de 11 membres

Jubilee House, siège de la présidence du Ghana à Accra, bâti avec l'aide de l'Inde, alors que le Ghana vise les BRICS

Le Ghana va demander à rejoindre les BRICS. Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a annoncé le 6 octobre 2026 à Accra que le gouvernement avait autorisé une candidature d’adhésion au groupe, qui compte désormais 11 membres selon la présentation officielle du gouvernement indien. Il l’a fait en présence de son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, en visite officielle, à qui Accra a demandé son appui.

Une candidature n’est pas une adhésion. Subrahmanyam Jaishankar s’est montré favorable aux aspirations ghanéennes, tout en rappelant que leur examen relevait collectivement des membres du groupe. Aucun calendrier d’entrée n’a été communiqué.

Ghana et BRICS : diversifier sans rompre

Le gouvernement inscrit cette démarche dans la stratégie économique du président John Dramani Mahama, baptisée « New Economy », qui veut passer de la stabilisation à une croissance de transformation. Selon la Ghana News Agency, Samuel Okudzeto Ablakwa a mis en avant l’investissement, l’industrialisation et la création d’emplois, et la transformation des ressources naturelles plutôt que leur seule exportation brute. Selon le Graphic, il a aussi invoqué la souveraineté et le refus d’être enfermé dans les conditionnalités de quelques institutions.

Le ministre a insisté sur la continuité : l’adhésion compléterait, sans les remplacer, les relations du Ghana avec le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et les institutions financières africaines. Le pays sort d’une crise de la dette qui l’a conduit à un programme du FMI et à une restructuration.

Une option, pas un chèque

L’intérêt économique des BRICS passe souvent par la Nouvelle Banque de développement (NDB), qui finance infrastructures, énergie propre, transports, eau et numérique. Mais la banque a sa propre procédure d’admission : une adhésion n’y devient effective qu’après les démarches nationales et le dépôt d’un instrument d’accession. Rejoindre le forum diplomatique ne donne pas automatiquement accès à ses prêts.

Le communiqué ghanéen ne mentionne aucun financement associé à la candidature. Même l’accès à un nouveau prêteur devra se juger sur le coût, la durée, la monnaie et les conditions de chaque crédit, pas sur l’appartenance à un groupe.

Des projets avec l’Inde, dès maintenant

La visite indienne donne un agenda plus concret que la candidature elle-même. Le ministère ghanéen des Affaires étrangères cite la coopération ferroviaire, pharmaceutique et agricole, la transformation numérique, et la signature de deux protocoles d’accord, sur la recherche agricole et sur la biodiversité. Ces dossiers avancent quelle que soit l’issue de la candidature.

C’est à ce niveau que la diplomatie peut prendre une forme économique vérifiable : quels projets, quels financements, quels transferts de compétences. Le Ghana rejoint la liste des pays africains attirés par le groupe ; il lui reste à montrer ce que cette option lui rapporte, au-delà du symbole.

Sources

  • Ministère ghanéen des Affaires étrangères, compte rendu de la visite de Subrahmanyam Jaishankar, 8 octobre 2026.
  • Ghana News Agency, via Ghana Business News, 7 octobre 2026 ; Graphic Online, MyJoyOnline, 6 octobre 2026 ; Panapress, 8 octobre 2026.
  • Gouvernement indien, Press Information Bureau, 10 septembre 2026 ; Nouvelle Banque de développement, présentation et procédure d’élargissement.

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