Face à une épidémie de maladie à virus Ebola souche Bundibugyo qui a déjà tué plus de 2 476 personnes en RDC, le gouvernement congolais a lancé ce jeudi l'initiative nationale « Fleuve Congo sans Ebola » — un dispositif multisectoriel d'urgence doté d'un financement catalytique de 9 millions de dollars (≈ 5,4 milliards de FCFA) mobilisé par les Nations Unies via OCHA Funds pour sécuriser le principal axe fluvial du pays.
Fleuve Congo sans Ebola : un dispositif inédit sur dix ministères et quatorze institutions
Le fleuve Congo est une artère économique et humaine de premier plan : des milliers de voyageurs, commerçants et transporteurs l'empruntent chaque jour. Dans le contexte de l'épidémie actuelle, qui recense 10 cas confirmés à Kisangani, cette mobilité intense représente un risque majeur de propagation vers Mbandaka, Kinshasa et les pays voisins — République du Congo et République centrafricaine incluses.
Portée par plus de dix ministères et quatorze institutions publiques, l'initiative fédère autorités provinciales, opérateurs fluviaux, société civile et partenaires techniques dont l'OMS, l'OIM, l'UNICEF et le PAM. Elle prévoit notamment : le renforcement de la surveillance sanitaire dans les ports et points d'entrée fluviaux ; un système intégré d'alerte précoce et de riposte rapide ; des capacités d'isolement dans les hubs de Kisangani, Mbandaka, Kwamouth et Kinshasa ; et, innovation majeure, le déploiement d'un réseau de laboratoires mobiles flottants capables de réaliser des diagnostics directement sur le fleuve.
Des laboratoires flottants et une riposte jusqu'aux frontières
Au 18 août 2026, l'épidémie totalise 5 208 cas confirmés et 2 476 décès — taux de létalité de 47,5 % — répartis dans 56 zones de santé sur six provinces (Bas-Uélé, Haut-Uélé, Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tshopo). Par son ampleur, elle est devenue la deuxième plus importante flambée d'Ebola jamais documentée. « Les épidémies passées nous ont appris qu'une détection précoce et l'engagement des communautés sauvent des vies », a déclaré la Dre Anne Ancia, représentante intérimaire de l'OMS en RDC. Une première phase opérationnelle intensive de trois mois sera consacrée à l'équipement des points de contrôle, au renforcement des capacités locales et à la sensibilisation des communautés riveraines.
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Avec APO Group.