Cette décision, annoncée par le ministre de l’Agriculture Kobenan Kouassi Adjoumani, vise à venir en aide à près de cinq millions de personnes vivant directement ou indirectement du cacao, privées de revenus depuis plusieurs mois.
Face à l’accumulation massive de fèves de cacao dans les coopératives, le gouvernement ivoirien a décidé de racheter la totalité des stocks disponibles afin de permettre le paiement rapide des producteurs. L’annonce a été faite mardi 20 janvier par le ministre de l’Agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani, lors d’une déclaration à la presse.
Pilier de l’économie nationale, la filière cacao contribue à hauteur de 14 % au produit intérieur brut (PIB). Elle traverse toutefois une période délicate, marquée par un ralentissement des exportations, des difficultés de trésorerie chez les acheteurs et une baisse des cours internationaux, malgré un prix bord-champ historiquement élevé fixé à 2 800 francs CFA le kilogramme.
Des milliers de producteurs privés de revenus
Cet engorgement a des conséquences sociales lourdes. Une partie des près de cinq millions de personnes qui vivent directement ou indirectement du cacao se retrouve sans revenus depuis plusieurs mois, dans un contexte où la majorité des producteurs évolue déjà sous le seuil de pauvreté.
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Pour remédier à cette situation, l’État, en collaboration avec l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) et le Conseil café-cacao, a mis en place un mécanisme exceptionnel de rachat des stocks estimés à environ 130 000 tonnes, au prix officiel de 2 800 francs CFA le kilo.
Un dispositif d’achat piloté par des acteurs nationaux
Concrètement, des opérateurs nationaux seront mobilisés pour collecter le cacao dans les zones de production et l’acheminer vers des entrepôts dédiés. L’État avancera les fonds nécessaires à cette opération, jouant ainsi un rôle d’intermédiaire. Dans un second temps, les exportateurs rachèteront ces stocks, permettant le remboursement des avances publiques.
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Selon le ministre, ce dispositif vise à rétablir rapidement la liquidité dans les zones rurales, sécuriser l’acheminement du cacao vers les unités de transformation et les ports, tout en renforçant la place des acteurs locaux dans la chaîne de valeur.
Renforcement des contrôles contre la contrebande
Par ailleurs, la filière subit une pression supplémentaire liée aux flux illicites de cacao en provenance de pays voisins, où les prix pratiqués sont inférieurs à ceux de la Côte d’Ivoire. Cette contrebande contribue à la saturation du marché local.
Pour y faire face, le gouvernement a annoncé un durcissement des contrôles aux frontières, afin de protéger les producteurs ivoiriens et de stabiliser durablement la filière cacao.
Notre Afrik avec AFP