Côte d’Ivoire : Gbagbo conteste un éventuel quatrième mandat d’Alassane Ouattara

Bien qu’il ait bénéficié d’une grâce présidentielle en août 2022, l’ancien président demeure écarté du processus électoral.

Radié de la liste électorale définitive pour la présidentielle de 2025, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, leader du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), a lancé un message de mobilisation populaire, ce samedi 7 juin, lors d’un meeting tenu à Port-Bouët, dans le sud d’Abidjan. « À un moment, il faudra descendre massivement dans les rues d’Abidjan », a-t-il déclaré devant des milliers de sympathisants. Gbagbo a fustigé l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition de la liste électorale, citant Cheikh Tidjane Thiam, Guillaume Soro et lui-même. « On publie une liste sans Gbagbo, et on ose dire que je ne suis pas digne d’être candidat parce que j’aurais volé ? », a-t-il lancé.

Revenant sur sa condamnation à 20 ans de prison pour le braquage de la BCEAO durant la crise postélectorale de 2010-2011, Gbagbo a rappelé son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI) et a rejeté fermement les accusations locales : « Braquer, c’est une manière brutale de dire voler. Je ne suis pas un voleur. Ceux qui ont établi cette liste savent que je ne suis pas un voleur ». Malgré une grâce présidentielle obtenue en août 2022, l’ex-chef d’État reste exclu de la course électorale. Une situation qu’il juge injuste et provocatrice. « Ils veulent la confrontation ? Alors nous irons au combat », a-t-il lancé, galvanisant la foule.

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Un combat personnel et politique

Laurent Gbagbo affirme qu’il se bat non seulement pour lui-même, mais pour l’honneur de toute une nation. « Aujourd’hui, j’ai 80 ans. Je me bats depuis mes 18 ans. On ne m’a jamais vaincu. Je sais encaisser les coups et je sais les rendre. » Il dénonce également une manœuvre visant à l’écarter de la vie politique. « Des gens que j’ai ramenés à la vie veulent aujourd’hui m’envoyer au cimetière politique. Ce n’est pas acceptable », déclare-t-il avant d’ajouter que « si c’est moi qu’ils cherchent, ils m’ont trouvé ».

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L’ancien chef d’État s’en est également pris au président Alassane Ouattara, qu’il accuse de vouloir briguer un quatrième mandat en violation de la Constitution. « La Constitution est claire : deux mandats maximum. Ceux qui prétendent qu’un troisième, voire un quatrième mandat est possible, se moquent du droit », affirme l’homme politique. Ironisant sur l’âge des dirigeants, il a lancé qu’« on dit que je suis trop vieux, mais entre moi et Alassane, qui est le plus âgé ? ». Il a également évoqué la mémoire d’Amadou Gon Coulibaly, ancien Premier ministre et ex-dauphin désigné, pour critiquer la légitimité d’un nouveau mandat de Ouattara : « Il n’est plus là, mais est-ce une raison pour que le président reprenne la main ? »

Lire : Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara « bientôt » investi pour la présidentielle

À quatre mois de la présidentielle prévue le 25 octobre 2025, la tension monte en Côte d’Ivoire. La radiation de plusieurs grandes figures de l’opposition de la liste électorale publiée le 4 juin par la Commission électorale indépendante (CEI) alimente les tensions.

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